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Parfums

Publié le par Gabonia Maria Madeus

Parfums

Tu sais, le parfum qui flotte dans l’air quand il a fait chaud
Et que la pluie a trempé nos affaires
Ce parfum de nostalgie, de chien mouillé, qui colle à la peau
Ce parfum qui flotte quand l’eau noie la poussière…
Comme toutes ces odeurs qui marquent un temps
Qui nous abreuvent de souvenirs…
Je revois encore la démarche bancale de grand-maman
Qui nous ouvrait la porte lorsque la pluie nous faisait courir…
Et les peluches restées à la cave bien trop longtemps,
Qui sentent le renfermé et les cendres de vie
Qu’on a laissé dormir simplement
Là où personne n’aurait voulu passer une nuit

Tu sais, le parfum qui flotte dans l’air après une averse d’été
Qui rappelle les orages sous les tentes,
Quand on sent dans nos dos chaque goutte d’eau couler,
Le parfum du sec et de sa renaissance lente…
Et je revois encore mamie manier son torchon
Pour la confiture de groseille qui ne cuisait pas encore
Mais qu’on dégusterait tantôt sur le balcon
En respirant l’air sucré du réconfort après l’effort…
Et j’entends malgré moi le cliquetis des aiguilles de tricot,
Qui s’emmêlaient en rectangles colorés
Tricotant pour mon dos,
Une couverture pour les hivers gelés.

Tu sais, le parfum qui flotte dans l’air quand terre brûlée,
Bien malgré elle, est devenue mouillée,
Ce parfum de frustration, et de vacances gâchées,
De visites de musées, et aventures improvisées,
Ce parfum qui nous revient sans prévenir,
Habile mais doux,
S’insinuer sans le vouloir dans nos souvenirs,
Taquiner nos sens ou peut-être nous rendre fous…
Et qui nous rappelle délicieusement,
L’odeur humide de notre campagne d’antan
Et qui se retrouvait chassé par le vent,
Lorsque dame Nature revêtait son manteau blanc…

Tu sais, le parfum qui flotte dans l’air avec la pluie,
Virant soleil et chaleur de nos après-midi,
Et qui éveille en nous le sourire ahuri
De celui qui goûte encore les joies passées d’une ancienne vie
Ce parfum qui rappelle chaque première fois
Qui se mêle à l’odeur des bougies à peines soufflées
Et puis l’odeur idéale d’une galette des rois
Et ce parfum chloré d’un maillot de bain à peine séché.
Tu sais, le parfum qui flotte dans l’air un 14 juillet,
Fumées, chaleur et lampions brûlés,
Le parfum qui te tourne toujours autour, que tu ne saurais nommer
Mais qui ressemble, c’est à s’y méprendre, à celui de la liberté.

Publié dans Poésie, Visuel

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Il y a bien longtemps...

Publié le par Gabonia Maria Madeus

Il y a bien longtemps...

Larmes de vie,

Qui se mêlent à la pluie,

Dans les fougères, par delà les près

Où le soleil vient se coucher

Elles sont salées comme l’eau de mer

Où l’on allait nager naguère

Ces petites larmes qui trempent mes joues

Maintenant que je suis à genoux…

 

J’ai le souffle court et je

Ne peux plus continuer ainsi, je

N’ai plus de parapluie et mes chaussures sont mouillées

Je cours à travers la pluie en espérant l’éviter

Les parterres de fleurs sont désormais fanés

Et le soleil ne se lève plus jamais

Les temps heureux se sont écoulés

Comme ces gouttes de pluie que j’ai versé…

 

Plus de promenade sous le temps gris,

Sur la digue plus aucun amant épris,

Les bancs sont sages et inoccupés

Comme si la terre entière s’était fâchée,

Et les vaguelettes bleues désenchantées

Se sont fracassées auprès des rochers,

Là on l’on marchait dans le temps,

Châteaux de sable et cerfs-volants

 

Larmes de vent,

Qui passent avec le temps,

Dans mon jardin d’enfant,

Où j’ai passé mes printemps

Les arbres sont tombées

Et ma balancelle s’est cassée

Les enfants ont grandi

Encore tombe la pluie…

 

J’ai les matins lourds, et je

Voudrais ne plus m’éveiller, je

Ne m’émerveille plus de rien

Et je ne retrouve plus mon chemin

C’est comme si l’hiver m’était resté

Au fond de la gorge à m’empêcher de parler

Mes mots se fondent à haute voix

Ils coulent de ma bouche et je me noie…

 

Plus de ballades main dans la main,

Les arbres sont morts il n’y a plus rien

Les ruisseaux calmes se sont asséchés

Le silence et le vide se sont installés

Et le doux chant des oiseaux de soleil,

A cédé sa place aux abeilles,

Qui piquent mon coeur doucement,

Là où l’on marchait, il y a bien longtemps.

 

Publié dans Poésie, Visuel

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Ce soir, la musique n'est pas là.

Publié le par Gabonia Maria Madeus

    Ce soir, la musique n’est pas là. C’est très étrange, car depuis 2 jours, plus rien n’est là. Je me sens vide, incapable de recevoir ou de donner, incapable de ressentir ou de créer. Et comme le silence me pèse, je m’y enferme, comme pour lui dire de m’enlever et de ne plus jamais me lâcher. De souvenirs en souvenirs, je pèse aussi mes mots. Ceux que je ne dis pas, ceux que je dis en trop… Depuis toujours on me dit bavarde et brillante… Pourquoi suis-je donc la seule à me sentir creuse et invisible ? Je me rappelle de ces fois où l’on m’a dit que je parlais trop, et que je n’écoutais pas les autres. Je me rappelle ces fois où l’on m’a dit que l’on ne m’écoutait plus, et que j’étais devenue le bruit de fond qui remplaçait l’écho de la radio. Et ce soir, alors que je voudrais tant parler, je ne sais pas vers qui me tourner… De peur de devenir ce bruit de fond insignifiant. Ce soir, alors que j’ai envie de hurler depuis 2 jours entiers, mes lèvres restent closes, et ma voix ne peut pas chanter. Je ne suis même pas sûre d’être capable d’accepter les petites attentions que je voudrais tant recevoir. Ce soir, alors que je voudrais pleurer, mes yeux restent consciencieusement ouverts, et fiers, rivés sur mon écran. J’évite l’effondrement. Je sais que si je pleure maintenant, la nuit sera longue, et demain morne. Ce soir, alors que je voudrais tant changer d’air, la musique n’est pas là.
    Depuis des mois, je me sens si invisible et inutile… Et je me sens petit à petit mourir à l’intérieur de moi-même. Je voudrais parler, avoir des discussions passionnantes et passionnées sur la vie et sur toutes ces choses dont je n’ai rien appris encore. Je voudrais entendre les rêves, et les espoirs, autant que les noirceurs et les déboires de ceux qui voudront m’offrir leurs mots. Je voudrais les entendre et être à leurs côtés, puis à mon tour offrir mes secrets… Je voudrais parler et avoir cette sensation si importante d’être prise en compte… Paradoxalement, j’ai toujours peur de dire ce que je ressens, de dire ce que je pense… C’est toujours comme si mon avis n’était pas bon, et ne valait pas la peine d’être énoncé. Et si l’on me porte de l’intérêt, j’ai toujours peur de décevoir, peur que l’avis que l’on me demande soit si fade par rapport au sujet de la discussion… Je voudrais parler, confier toute mon âme, et dire « je t’aime »… Mais je me sens toute petite, si peu désirable, que ces mots ne passent jamais la barrière de ma bouche, qui s’étire pourtant en sourire quand elle parle d’amour.
    Est-ce que l’on peut guérir de cela ? Est-ce qu’un jour on arrive à dépasser cette sensation irritante de vide ? Combien de temps peut-on survivre lorsque les mois et les années se suivent et continuent de se ressembler ? Ils se ressemblent encore, parce que je n’ai jamais trouvé la force de surmonter les doutes et les peurs… Et malgré la douleur qu’ils me portent au coeur, je continue mon chemin en essayant d’oublier… Mais ce soir, la musique n’est pas là, et mon coeur peine à battre. Il bat dans le vide, inutile, mais je sais bien que c’est là la seule preuve que je ne suis pas un robot… C’est au moins rassurant de ce côté là. Ce soir, et depuis deux jours, le vide me creuse. Je dors sans dormir. Je mange sans manger. Je n’en ressens pas le plaisir. C’est presque comme si j’étais déconnectée de mes propres sensations… Je me sens vide, et pourtant j’ai tellement de doutes et de petits riens qui se bousculent dans ma tête… J’ai l’impression que je ne fais pas assez, je culpabilise d’être comme je suis sans savoir exactement pourquoi… J’ai peur de tout, peur d’être ridicule, peur de l’avenir, peur de ne pas réussir à trouver ma place dans toute cette vie qui se déroule devant moi… J’ai l’impression de faire les choses pour de mauvaises raisons, et je culpabilise parce que beaucoup de gens interprètent mes actions en me prenant pour une belle personne… J’ai la sensation horrible de brasser de l’air avec mes chansons, et mes petits dessins, et mes petits textes auto-centrés… Est-ce qu’on peut guérir de cela ? Est-ce qu’un jour je me sentirai assez légitime pour oser demander à ce que l’on regarde ce que je fais ? Est-ce qu’un jour je me sentirai assez bien pour oser aller vers quelqu’un et lui tendre la main ? Est-ce qu’on peut dépasser le vide, et est-ce que le poids dans la poitrine disparaît ?
    Ce soir, non, la musique n’est pas là… Et d’ordinaire, quand rien ne va, je chante, parce que ma voix est sans doute la seule à pouvoir exprimer un peu ce que je ressens… Mais ce soir, mes lèvres restent closes et aucun son ne s’en échappera…

 

    Parce que je ne peux pas ce soir remplir à moi seule tout ce silence dans ma nuit noire,
    Parce que je ne peux pas ce soir remplir à moi seule tout ce vide face au miroir.
    Et si vous m’entendez tout à l’heure chanter,
    Je ne serai qu’un bruit de fond à oublier.

Publié dans Vie, Divers

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Un Songe.

Publié le par Gabonia Maria Madeus

             Je ferme les yeux. Le noir est complet, et j’entends seulement, à quelques pas de moi, ta respiration lente. Moi-même, je souffle. Je ne peux pas dire que je n’ai pas de peine, non. Car il m’est si difficile de fermer les yeux, te sachant juste à côté. Oui, je suis peinée. Peinée parce qu’il ne m’a jamais été donné une seule histoire à vivre, et que celle que j’imagine restera seulement un songe docile et vague, qui se confond à toutes mes pensées. Alors, je ferme les yeux, et j’ignore les autres, j’ignore la vie de la pièce, les lumières jaunes et les meubles usés, et j’écoute seulement ta respiration juste à côté. J’essaie de calmer ma raison, qui s’agite dans son cocon. J’essaie de la calmer un peu, pour oublier la panique que m’offre l’illusion de quelques jours heureux. Je dis « panique », mais en y repensant, je souris dans le noir. Ces quelques rêves ont été les plus doux, comme de jolis bonbons sucrés, qui nous laissent en bouche une acidité dont l’onction pourtant nous ravit. Mais j’ai bien trop vite escaladé ces marches délicates vers les étoiles illusionnées et la chute me semble inévitablement longue. Et lorsque mes mains quittent l’échafaudage, et que mon corps répond à la gravité, là, alors, je me mets à paniquer. Car il n’y a plus rien à inventer, et ma raison, si naïve, n’a plus rien à penser. Alors je ferme les yeux, et j’écoute ta respiration qui berce mes illusions encore un peu, encore un instant de plus. Je ferme les yeux, en oubliant que tu es toi, et en n’étant plus sûre d’être vraiment moi. Je concentre toute mon attention, sur les sons de ton souffle, j’entends comme tu aspires à vivre, et comme le vent qui souffle en pleine tempête, comme tu expires. Je ferme les yeux, en attendant un instant de répit, un tout petit moment de plus en ta seule compagnie, juste une seconde encore d’oubli. Car il est vrai que la réalité m’attriste, mais qu’il me devient difficile d’y résister. Oui, je suis attristée… Attristée d’avoir songé un instant que tes yeux pourraient voir ce que les miens ne peuvent imaginer. Attristée de m’être laissée emporter par le flot des songes, de m’être laissée distraire si aisément par ces sentiments qui, aussi futiles et arbitraires soient-ils, encombrent mon raisonnement… Attristée, parce que j’ai vu ma volonté s’envoler aussi haut que mes idées, tout en piétinant ce qu’il me restait de dignité. Alors oui, encore un instant, je t’en prie, je ferme les yeux. Je ferme les yeux et m’enferme dans ce noir absolu, ou je souffle ma peine. Oui, je suis peinée. Oui, et la panique s’en est mêlée. Alors mes yeux resteront encore fermés, et mon corps écoutera tes gestes de l’autre côté de la pièce. Et il me sera encore difficile de ne pas m’en aller rêver. Car, même peinée, mon inquiétude toute entière sera dirigée vers ce bout d’organe qui bat et se démène. Dans ma poitrine, vaine, je calmerai mon cœur. Tout petit, tout fragile, mon cœur, qui oublie encore qu’il n’y a pas de pire labeur que celui qu’il s’impose. Je calmerai ce cœur dont l’élan surpasse celui de la raison, surpasse les illusions et continue de battre avec passion. Car il entend le tien, qui bat sans prétention. Et comme un tonnerre qui se rêve écho, il ne comprend pas que déjà, ses battements sont plus tonitruants et plus affolés, et qu’il est le seul à rêver, car jamais le tien n’a tressauté.


            Alors je ferme les yeux. Le noir est complet, et j’entends ton souffle lent, ta respiration mesurée. Je ferme les yeux, et je m’octroie une dernière fois le plaisir du rêve, et la volonté de l’oubli. Je me laisse encore un peu bercer par l’idée que nous pourrions être seuls, et nos pensées dirigées vers la même étoile. Encore une toute petite parcelle d’illusion, où je pourrais entendre ton souffle s’alourdir, et où mon cœur, à peine peiné, pourraient écouter le tien l’appeler. Oui, s’il te plait, laisse-moi une dernière fois penser que mon âme ne s’est pas trompée, et qu’elle n’est pas la seule dans les étoiles à s’échapper… Je ferme les yeux, le noir est bien complet. Et en écoutant ta respiration, je ne peux m’empêcher d’imaginer, malgré tout et malgré ma raison me poussant à m’éveiller, que ces trois petites perles d’électricité qui parcourent ma joue sont bien tes doigts frêles et fous, qui m’offrent, une dernière fois, les remous d’un rêve, un dernier trépas.

Publié dans Nouvelles, Divers, Vie, Poésie

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Comme tous les ans.

Publié le par Gabonia Maria Madeus

Comme tous les ans aujourd’hui je vieillis
Encore une année à supporter la pluie
Je saute dans les flaques d’eau
J’essaye un peu de guérir de mes maux
J’ai toujours l’impression de ne pas être assez
Comme un arrière goût de lâcheté
Pourtant je fais de mon mieux
Mais rien à faire à mes yeux

Et dans quelques millions d’années
Ce sera comme si j’avais jamais existé
Tout oubliée, alors à quoi bon
Encore se faire du mouron ?

Comme tous les ans aujourd’hui j’attends
Que le jour passe pour rattraper mon temps
Comme si j’étais l’aiguille du cadran
Qui s’était arrêtée un instant
Je fais parfois semblant d’aller bien
Pour éviter de crier que j’ai mal comme un chien
Dîtes-moi à quoi ça servirait,
Est-ce que quelqu’un l’entendrait ?

Comme tous les ans aujourd’hui j’ai peur
De rater ma vie et de finir en pleurs
24 ans c’est pourtant pas si grand
J’ai quand même l’impression de ne plus avoir de temps
Et quand les autres courent autour de moi
Je reste figée au milieu comme un poids
Je me sens crevée de vivre avant d’avoir vécu
Comme un chaton dans l’orage en pleine rue

Et dans quelques millions d’années
Ce sera comme si j’avais jamais existé
C’est le lot de l’humanité
Je ne vais pas en pleurer

 

Publié dans Poésie, Vie, Divers

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Liste non exhaustive de mes inspirations artistiques. Chapitre 1.

Publié le par Gabonia Maria Madeus

J'ai décidé de lister toutes les personnes qui me donnent envie de créer, toutes celles dont je m'inspire pour essayer de m'améliorer, toutes celles qui me réconfortent quand j'ai l'impression de ne pas avancer.
 
Il y aura donc des articles pour parler d'eux, avec des extraits de ce qu'ils font, et je parlerai de ce que j'aime chez eux, de ce qui me plaît dans leur activité artistique.
 
J'ajouterai une page ICI où je mettrai plus d'extraits, comme ça, les articles parlant des artistes ne seront pas surchargés.
Liste non exhaustive de mes inspirations artistiques. Chapitre 1.

C’est sur Youtube que commence la liste non exhaustive de mes inspirations.

 

Je débute par un garçon, une fille, un français, une anglaise, parce qu’il faut de tout pour faire un monde, et que ce sont peut-être les deux artistes qui se rapprochent le plus de mon idéal artistique. C’est un peu difficile de définir très exactement, là comme ça, ce qu’est mon idéal artistique, et je ne sais même pas si cela veut dire quelque chose… Mais l’idée est là.

 

Voici cependant quelques pistes qui expliquent en partie pourquoi ces deux artistes font partie de ma liste d'inspirations !

 

 

Mathieu Sakaïly : je l’ai vu pour la première fois il y a quelques années, en regardant, complètement par hasard, la finale de la Nouvelle Star, où il était candidat (et qu’il a par ailleurs gagné, me semble t-il)… Et c’est là qu’il m’a séduite. Je me suis empressée de le chercher quelque part sur le web, et le voilà, Mathpulp, sur Youtube, avec un nombre incroyable de reprises, et encore actif ! Depuis ce temps, j’écoute avec passion chaque reprise, chaque composition… Avec une petite nuance, cela dit, je ne suis absolument pas convaincue par son album, où tout son charme et son talent me semble gommé par la production et les arrangements… Ce qui me plaît, c’est la pureté de ce qu’il propose, alors l’album avec tout ce surplus d’instruments, de textures, d’idées… Ca m’a plu, mais pas au point où je voudrais l’écouter sans cesse… Contrairement à ses vidéos Youtube, où il me surprend toujours. C’est épuré, mais élaboré en même temps, je n’y manque jamais de rien. Ses goûts musicaux sont incroyables, il me fait découvrir des merveilles, et les reprend à la perfection. Ses reprises me semblent d’une force artistique incomparable : il y a tellement de couleurs, de nuances différentes, des accompagnements soignés, une voix qui me touche sincèrement… C’est impressionnant, pour moi, de l’écouter, parce que je sens tellement de choses dans sa musique, et c’est ce qui me semble le plus important quand j’écoute quelque chose. C’est cet effet que je voudrais arriver à produire, un jour, sur ceux qui m’écoutent quelques fois. Quant aux compositions, il a une très belle écriture aussi, ce qui ajoute au charme du personnage.

 

 

Dodie : Ah, là, c’est un peu plus compliqué à expliquer. Elle fait des reprises, mais je l’aime encore plus pour ses compositions personnelles. Ses textes (en anglais) sont vraiment puissants, je me retrouve dans tout ce qu’elle écrit, et dans la manière dont elle l’écrit. Sa vision du monde, pleine de vie, d’impuissance, de mélancolie, et de joie, tout ça en même temps !, c’est quelque chose que je ne peux que partager. La mise en musique de ces textes est également particulièrement jouissive, puisque, même en décrivant quelques fois des choses dures, tristes, malgré la mélancolie, il y a toujours cette pointe d’espoir et de soulagement dans ses chansons. Elle a aussi cette personnalité rayonnante, malgré son anxiété et ses « tendances dépressives » (je ne sais pas exactement si c’est ça, mais je sais qu’elle en parle dans ces termes). Dodie, c’est aussi des harmonies vocales travaillées, ce que j’apprécie énormément, et un accompagnement le plus souvent épuré également. Mais son EP studio est, lui aussi, très bien. Contrairement à Mathpulp (ci dessus), je ne lui ai pas trouvé de superflus, et j’ai retrouvé dans son EP tout ce qu’elle propose sur Youtube, même si les arrangements étaient plus fournis, et beaucoup moins épurés, ça a apporté une profondeur supplémentaire aux chansons, je crois. Et puis, cette fille, elle est touchante. On sent que ce qu’elle chante/joue, elle le vit à fond, qu’elle va jusqu’au bout de son propos artistique, sans jamais en faire trop. Je voudrais tout simplement être elle. Être cette belle personne, touchante et créative, dans tout le flou anxieux et mélancolique de la vie.

 

 

Mentions spéciales :
Tom Rosenthal : Un style bien à lui, des arrangements simples aux couleurs douces et originales, des harmonies, des textes travaillés entre l’épure et l’abstrait, et des visuels extrêmement plaisants pour chaque clip.
Daniela Andrade : Une voix très belle, pure et claire, majoritairement des reprises, mais toujours avec sa propre interprétation, presque comme si elle avait écrit elle même les morceaux. C’est tout doux, et je peux l’écouter infiniment.
Tessa Violet : Dans la même veine que Dodie Clark, avec qui elle est amie d’ailleurs… Mais j’ai un peu moins accroché. J’aime sa fraîcheur (ses cheveux aussi!), et ce qu’elle partage avec Dodie.

 

Publié dans Vie, Divers, Inspirations

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Un mur face au monde : quelques regrets perdus dans mes carnets.

Publié le par Gabonia Maria Madeus

 

      Des fois, je regarde les gens, je regarde la vie qui s’écoule par la fenêtre, dans les rues en fourmilière, ou à travers mon petit écran d’ordinateur, longue-vue sur l’autre bout du monde… Je vois tant de belles choses, et j’entends tant de trésors, que parfois, je me mets à regretter ma propre vie. Rien à voir avec une quelconque envie de ne pas exister… Juste une envie d’exister autrement.

 

      Je regrette de ne pas avoir ce grain de folie qui fait faire de belles choses. J’ai toujours cette furieuse envie de * faire bien *… La plupart du temps, c’est un atout, parce que je m’engage, je prends les choses à coeur, et j’essaye de faire du mieux que je peux… Mais, après deux ans passés dans un groupe d’artistes fous (dans le bon sens du terme), en écoutant mes artistes favoris, et en voyant la vie qui se déroule devant moi, je me dis que, peut-être, il me manque quelque chose. La petite étincelle, les couleurs… Le petit grain de folie. Je me sens être comme un oiseau qui ne saurait pas voler, comme un plat pas du tout assaisonné, ou comme une bougie qui ne peut s’allumer. Et c’est, de bien des manières, un peu triste. Vouloir bien faire, c’est s’éteindre un petit peu… J’admets, bien sûr, que c’est un de mes plus grands défauts. J’ai tendance à rester dans ma zone de confiance, et je n’essaye les choses que si je me sens capable de les réussir à la hauteur des espérances (les miennes et celles des autres), avec ou sans travail. Alors, oui, j’ai sans doute éteint quelques unes de mes étincelles en chemin…

 

      Et, c’est bête, mais cela rejoint un autre de mes regrets… Le sentiment d’être moyenne dans tous les domaines qui me sont chers. Artistiquement parlant, évidemment, mais dans d’autres parties de ma vie aussi. Le sentiment de n’être ni bonne, ni mauvaise, ni remarquable, ni quoi que ce soit. Je chante bien, j’écris bien, je joue bien de mes instruments, je dessine bien, mes peintures sont jolies. Vous me direz : n’est-ce pas suffisant, déjà, de savoir faire ces choses-là ? Oui, c’est bien. Mais il y a peu de choses qui me rendent fière (il y en a quelques unes, je vous promets). Et je sais que j’ai ce sentiment d’être moyenne parce que je me l’inflige à moi-même. Parce qu’on ne peut être moyenne qu’en comparaison à autre chose… Des fois, je ne peux pas écrire, parce que j’ai lu quelque chose de bien meilleur que tout ce que je pourrais espérer écrire. Des fois, je ne peux pas dessiner, parce que je vois toutes ces œuvres magnifiques, qui représentent des inspirations, un idéal artistique, que je n’atteindrai jamais. Et plus récemment, j’ai du mal à composer réellement, parce que ce que je fais est bien pâle, par rapport à tout ce qui m’inspire. Alors, oui, je sais que je m’inflige à moi-même cette plaie de comparaison, qui me bloque…

 

      Tout ça, ça vient du mur que j’ai dressé face au monde, que je ne laisse jamais tomber. C’est exactement ça. J’ai l’impression d’être enfermée dans mon image de fille qui fait les choses bien, et qui n’est ni très bonne, ni parfaitement mauvaise, qui fait juste les choses bien. Comme une petite forteresse dressée entre moi et les autres, un mur de protection tenace. C’est la même chose dans mes relations, amis, amours. Y’a toujours ce mur. Plus ou moins épais, selon les personnes; plus ou moins hermétique, selon les jours; plus ou moins haut, selon l’histoire. Et c’est devenu difficile à gérer, parce qu’à chaque fois que quelque chose peut être douloureux, le mur est si épais que je ne peux même pas en parler. Quitter mes amis il y a quelques semaines a été douloureux, et l’est toujours… Mais j’avais anticipé, et j’ai dressé la forteresse assez tôt pour ne m’effondrer qu’entre les 4 murs de mon chez-moi. Et je sais que je le fais, j’en ai conscience, et je fais ce que je peux pour lutter. Je n’ai pas fait les mêmes erreurs qu’auparavant, et j’ai tout de même profité de la nostalgie en leur compagnie. Mais je réalise que le mur est là, et que je ne m’en débarrasse jamais vraiment… Et je me surprends parfois à me dire que je ne saurais jamais baisser la garde assez pour me laisser aller à papillonner avec quelqu’un. C’est ce qui me fait peur. Et c’est un de mes regrets.

 

     Parfois, je regarde la vie qui s’écoule sous mes fenêtres, les gens qui fourmillent dans les rues, qui attrapent mon regard perdu… Et je pense à mes regrets, je panse mes plaies, et me penche vers la beauté des choses; j’écoute la musique qui m’apaise, je regarde le bleu du ciel, je respire l’air frais des nuits d’été… Rien à voir avec un quelconque regret d’exister… Juste le regret de ne pas exister autrement. De ne pas savoir danser avec le vent, ou se laisser porter par le souffle de la vie. Le regret de ne savoir que la regarder passer, sans jamais y mettre un pied.

Publié dans Vie, Divers

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Fragments de déclaration... - Juin 2018

Publié le par Gabonia Maria Madeus

Ce n’est pas un au revoir,

Car cela n’existe pas dans ce monde-là,

Dans un mois, un an, un matin, un soir,

C’est promis, on se rappellera.

On se dira nos vies,

On rira comme si on ne s’était pas quittés,

Ce sera comme un rêve sans être endormis,

Ensembles autour de nos guitares accordées.

On aura nos souvenirs,

Pour colorer nos esprits,

Pour pleurer encore et toujours de rire,

Comme pour prendre tout ce qu’on avait pas pris.

Et parce qu’on a trop ri et trop pleuré,

Non, ce n’est pas un au revoir,

Ni un adieu le coeur serré,

C’est un “Plus tard”,

Le coeur léger.

 

Et si des "je t'aime" ne suffisent pas,

On entendra encore longtemps l'écho,

La résonance parfaite de nos voix,

Pour encore se tenir chaud...

Dans cet hiver forcé,

Cette absence normale,

Ces jours qu'on apprendra à ne pas compter,

Pour éviter de se faire un peu de mal,

En attendant de se retrouver,

En attendant les rires que l'on connait si bien,

On se souviendra de nos chants entremêlés,

Parce qu'on n'oubliera rien de rien...

C'est difficile, ce soir,

Car j'ai peur du lendemain...

Peur de rester seule dans le noir,

Peur de me tromper de chemin...

J'ai la triste sensation de voir partir,

Une partie de moi,

De chansons et de rires,

Dans chacun de mes "toi"...

Mais je sais qu'il reste dans mon coeur,

Caché et protégé,

Un soleil de petits bonheurs,

Pour chaque sourire qui voudrait s'effacer...

 

Publié dans Poésie, Vie, Divers

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Dans un rêve...

Publié le par Gabonia Maria Madeus

Dans un rêve...

Elle s’appelait Rose

Il s’appelait Raphaël

Elle rêvait qu’il ose

Il ne pensait qu’à elle

 

Dans un rêve, une maison

Un grand jardin, des animaux

Des enfants à perdre la raison

Beaucoup d’amour et quelques maux

 

Les matins yeux dans les yeux

Comme une caresse sur leurs visages

Doucement sages mais heureux

Sans même voir passer leur âge

Chaque jour un peu plus aimés

Toujours main dans la main

Ils se volaient des baisers

Et se les rendaient bien

 

Dans un rêve, une maison

Un grand jardin, des animaux

Des enfants à perdre la raison

Beaucoup d’amour et quelques maux

 

Ils furent deux seulement

Puis un matin trois

De beaux jours heureusement

Mais de courtes nuits parfois

Petits petons dans l’herbe nus

Comme rire qui résonne

La rose fleurie, l’ange éperdu

L’un à l’autre encore se donnent

 

Dans un rêve, une maison

Un grand jardin, des animaux

Des enfants à perdre la raison

Beaucoup d’amour et quelques maux

 

Des rides sur leurs peaux

Comme des fleurs ont poussé

Ils riaient pour se tenir chaud

Tenir encore pour ne pas se quitter

Accrochés l’un à l’autre toujours

Leurs deux coeurs accordés savait

Qu'ils devraient un jour

Partir et se laisser…

 

Elle l’aimait en prose

Il lui donnait des ailes

Elle s’appelait Rose

Il s’appelait Raphaël.

Publié dans Poésie, Visuel, Vie

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