Entretemps : Alternatives.

Publié le par Gabonia Maria Madeus

Reunite - Isbells

Je pose ma tête sur ton ventre, et je ferme les yeux. Fais de moi ce que tu veux.

Tes mains, ces mains immenses et belles, pourraient se nouer autour de mon cou. Elles pourraient se refermer subitement et tomber sur moi dans une avalanche de coups.  Tu pourrais prendre la lampe de chevet et l’écraser sur mon crâne. Tu pourrais te lever, et me battre, m’abattre. Tu as cette part d’obscurité en toi, je le sais. Tu pourrais tout aussi bien avoir une arme cachée dans ton tiroir. Il te serait facile de la pointer sur moi. Tu pourrais attraper un coussin et le poser doucement sur ma tête, appuyer jusqu’à ce que je ne puisse plus respirer. Tu pourrais attendre que je m’éteigne lentement, en me regardant suffoquer. Tes mains pourraient attraper mes épaules. Et tu pourrais me jeter contre le mur. Je pense à quel point il te serait aisé de mettre fin à ma vie, à quel point il te serait facile de blesser mon corps et mon âme. Tes mots pourraient être violents et assassins, les insultes pourraient fuser, entrer en moi et me détruire. Je pourrais entendre tout ce que j’ai toujours redouté. Que tu ne m’aimes pas, que tu ne m’as jamais aimée, que tout ce que tu as toujours ressenti était de la pitié. Que je suis bonne à rien, que je suis affreuse et pathétique. Tu pourrais me dire que tous tes malheurs sont de ma faute, que je n’ai jamais rien fait pour toi, que je rate tout ce que j’entreprends, que nous n’avons jamais été qu’un flirt de vacances qui a trop duré. Que tout ce temps, tu as aimé quelqu’un d’autre et que je n’étais là que pour t’amuser. Ce serait tellement simple pour toi de me détruire.

Ma tête repose sur ton ventre et j’ai les yeux fermé. Tu peux faire de moi ce que tu veux.

Tes mains, ces belles mains immenses, se baladent sur mon cou, dans de longues et douces caresses. Elles s’arrêtent soudainement, pour me soutenir, pour que je n’ai pas mal. Tu éteins la petite lampe de chevet et prends ma main pour y déposer un baiser. Tu ouvres ton tiroir, et tu en sors une petite boîte de chocolats, et, tu me la tends. Je prends un chocolat, et l’avale, puis tu ranges la petite boîte après avoir choisi une friandise. Tes mains caressent mes cheveux, et m’apaisent. Tu prends un petit coussin, et tu le poses sous ma tête, et tu attends que je m’endorme. Je sens sur mes épaules tes mains qui continuent ces caresses apaisantes dont tu as le secret, et je respire doucement. Tu me chuchotes quelques mots doux. Tu me dis que tu as toujours aimé me voir m’endormir à la lueur de la lune, et que tu es amoureux. En prenant une mèche de mes cheveux, tu me dis que je suis belle, quand je suis calme, quand tous mes soucis semblent envolés, et que la paix m’embellit. Tu soulèves ma tête et la pose tranquillement sur un oreiller, et tu t’allonges à mes côtés. Nos mains se trouvent et je souris. Tu approches ta tête et colle ton front contre le mien, si bien que je sens ton souffle chaud contre ma peau. Tes lèvres touchent les miennes pendant une petite seconde. Et tu me dis que jamais tu n’as aimé ainsi de toute ta vie.

Fais de moi ce que tu veux. Ce serait si simple pour toi de me détruire… Tu peux faire de moi ce que tu veux. Mais au lieu de ça, tu as choisi de m’aider à me construire.

Nos têtes sont posées l’une contre l’autre et nos yeux sont fermés. Et sur mon visage se dessine un sourire.

Publié dans Entretemps, Nouvelles

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