A vous, mes amis.

Publié le par Gabonia Maria Madeus

Parce que malgré moi, je vous ai aimé jusqu’ici, et parce qu’il m’a fallu tant de temps pour m’en rendre compte, je voudrais vous adresser ceci.

A vous, fantômes de ma vie. Vous, les plus belles douleurs, les plus tristes douceurs. Vous, les causes et les conséquences. Vous, les déchirures et les renaissances. Vous, les ombres, vous, les danses. A vous, fantômes amis, à vous fantômes d’amour…

A vous, fantômes de ma vie.

Malgré moi, oui je l’avoue, je vous ai aimé et apporté jusque-là. Là, mon chez-moi, là, au cœur de mon existence. Sans le savoir, je vous ai emporté dans mes cartons, et je vous ai installé confortablement dans un coin de mon salon. Il m’aura fallu quelques années pour comprendre ce que j’avais fait. Je vous ai emportés, comme on emporte naïvement nos vieux jouets d’enfance. Je vous ai emportés, pour avoir une raison de pleurer. Je vous ai pris avec moi, et je vous ai pris comme prétexte aux malheurs de ma vie. Vous étiez des excuses. Vous étiez le trompe l’œil de mes maux. Vous étiez des muses grâce auxquelles je trouvais mes mots. Parce que malgré moi, j’avais besoin de tout ça. Besoin de vous pour exister, besoin de vous pour expliquer ce qui clochait, besoin de vous pour savoir qui accuser. A présent, je sais. Je sais que vous étiez seulement ma cachette secrète, quand la vie n'allait plus, quand des détails assombrissaient la pièce.

Je dois quand même vous avouer quelque chose. Je vous aime. Encore et toujours. Je vous aime et vous aimerai encore demain. J’aime ceux qui m’ont déçue. Ceux qui m’ont laissée. Ceux qui m’ont menti. J’aime ceux qui n’ont pas compris. Ceux qui m’ont humiliée. Ceux qui m’ont blessée. Je vous aime, parce que vous ne m’avez pas fait que cela. Je vous aime pour votre amour, qu’il soit passé ou encore d’actualité. Je vous aime pour vos rires. Pour vos mots, vos gentillesses. Pour vos passions, vos entêtements, vos insécurités. Je vous aime pour nos débats, nos délires, nos histoires. Je vous aime pour tout ce que vous m’avez apporté, et tout ce que j’ai pu vous donner. Il y a eu des faux-pas, il y a eu des drames, mais rien de plus que des larmes, quelques cicatrices, quelques souvenirs douloureux, qui ne surpassent pas ce pourquoi je peux encore vous aimer. Les larmes se sèchent, les cicatrices s’oublient, les souvenirs s’acceptent. Alors je vous aime.

Mais je dois à présent vous laisser partir. Je suis comme un oiseau qui sort du nid, et j’aimerais voler. Voler haut, voler libre. Je voudrais traverser les nuages, chercher des arcs-en-ciel et affronter de mes ailes frêles les tempêtes. Et comme un oiseau, je ne peux pas voler si je suis attachée, ou enfermée. J’ai mis un certain temps à réaliser que je m’étais enfermée dans mes souvenirs de vous. Je me suis enfermée dans une cage dont vous étiez les barreaux. Alors puisqu’il est temps pour moi d’enfin tenter ma chance, puisqu’il est temps que je vole, je vous libère. Je n’oublie pas. Je ne renie rien. Je laisse partir les fantômes de vous, ceux qui m’ont habitée, ceux que j’ai invité pour avoir une raison de pleurer. Fini les fantômes.

A vous, seulement vous. Vous, que j’ai longtemps cachés derrière vos ombres, vous, que j’ai tenté d’ignorer pour avancer. A vous, et seulement vous… Je pourrais vous dire merci d’avoir fait partie de ma vie, mais je réalise que vous êtes toujours là.

A vous, mes amis.

Publié dans Vie, Divers

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