Une valse.

Publié le par Gabonia Maria Madeus

    Donne-moi ta main, je t’emmène valser demain. J’imagine tes yeux cherchant les miens, et tes mains contre mes mains. Je t’imagine mimant mes gestes, répondant agilement à mes requêtes et mouvements. Je te promets l’odeur de la pluie en été, le son des oiseaux et des pinsons gais. Je te promets les rires, et les pleurs. Tu me comprends. J’imagine mes yeux bleus dans le reflet des tiens. A nos yeux ouverts apparaîtra la douceur du printemps, du soleil, et nous serons émerveillés, dansants. Mon regard est tien.

    Donne-moi ta main, je t’emmène valser demain… Je te promets des fleurs et des sourires spontanés, et de la musique pour occuper les longues journées. Je sentirai tes doigts crispés serrer les miens, et tu devras gérer mes jambes maladroites et déjà fatiguées. J’imagine le souffle de ton rire, quand, concentré, tu cherches le prochain pas chassé. J’imagine ta voix me dire que tout est si compliqué, et ton sourire s’excuser. Je te promets la tendresse, accompagnant l’amour, et la douceur sans peur. Je te promets les beaux voyages, et la liberté, de celle dont on rêve le soir… Un pas après l’autre, pieds serrés, mal placés, fragiles et perdus, tu seras mon repère si tu le veux bien, et je serai le tien, si tu en as besoin. Et perdu, et peu serein. Je te promets la fête, quand tu voudras te reposer. Je te promets le sommeil, quand tu voudras t’émerveiller.

    Donne-moi ta main, je t’emmène valser demain. Je t’imagine virevoltant finalement, me portant si haut que le vertige me prend. Je m’imagine la tête dans les nuages blancs, rêvant des moments nocturnes où, près de la cheminée, nous oserons encore danser, même si tu ne sais plus sur quel pied. Je te promets les couleurs de l’arc-en-ciel pour égayer le gris des jours de pluie. Je te promets la sensation glaciale de la neige qui tombe par surprise, et des moufles pour tes petits doigts gelés. J’imagine la caresse de l’air frais sur nos joues rosies, la délicatesse du vent frêle déranger mes cheveux emmêlés. La musique nous portera si loin, qu’on n’entendra plus rien. Rien que le son distant de nos cœurs aimants, apprenant enfin à aimer plus loin. Aimer plus loin, aimer plus haut, aimer plus gros, aimer seulement. Eperdu, un peu serein. Je te promets les ciels bleus et les orages, les tempêtes et les naufrages, de ceux qu’on ne peut arrêter, de ceux qui bouleversent tout sans regrets. Je te promets l’amour que tu n’as pas demandé. J’imagine nos mains, encore entremêlées, et nos regards, encore embrassés, et nos pieds à contretemps, toujours à se chercher.

    Et je te dirai encore de me donner la main, pour t’emmener valser plus loin, plus haut, valser enfin… Tu me comprends. Mon regard est tien. Je te promets ma main, quand tu voudras aller danser. Jusqu’à ce que, tendues, nos mains s’étreignent enfin.

Publié dans Nouvelles, Poésie, Divers

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