Monologue nouveau.

Publié le par Gabonia Maria Madeus

              Cela fait quelque temps que je n’ai pas parlé en ton nom, que je n’ai pas parlé pour toi. Mais il est bien temps que je te dise un peu ce qui se passe aujourd’hui. Entre l’amour, la musique et les rêves, j’ai l’impression que tout a changé, mais je sais que tu es toujours là, cachée quelque part… Ce n’est pas compliqué de savoir que tu es là… Je sens mes propres limites, je sens que j’aurais toujours cette part de moi, qui se préserve et se protège, parce qu’elle a cruellement peur. Malgré tout ce que je reçois depuis que j’ai pris la décision de changer de direction, malgré le soutien, malgré les sourires, et les fous rires, et la putain de dose d’amour que je reçois un peu plus chaque jour… Et ces derniers jours m’ont rappelé à quel point tu étais toujours ancrée à moi, tapie dans l’ombre, attendant ton heure. Je me suis souvenue des discussions autour de ma vie, celles où l’on me faisait comprendre que je dressais entre les autres et moi de trop nombreuses barrières.

               Malgré tout, tu as toujours peur, et tu dresses toujours des murs face au reste du monde. Tu as peur qu’on te laisse, qu’on t’oublie. Et tu sais qu’on t’oublie, quelque part. Oui, quelque part, quelqu’un est déjà en train de t’oublier, et quelque part, quelqu’un t’a complètement effacée de sa mémoire. Tu as peur qu’on t’abandonne, comme si tu ne valais pas la peine d’être considérée… Alors tu continues à dresser des barrières, pour te protéger, pour éviter d’aimer trop ces personnes qui t’oublieront… L’autre jour, dans ta morosité retrouvée, tu aurais voulu n’être plus toi… Comme autrefois, comme quand tu ne savais plus qui tu étais ni ou tu allais. Et l’autre jour, tu voulais pleurer… Et alors que ces temps-ci, tu pleures de joie et de reconnaissance, l’autre jour, c’était clairement d’autres larmes qui remplissaient tes yeux bleus. Tu n’as pas pleuré. Une histoire de barrières. Mais le lendemain, tu as été chez le coiffeur, et tu as abattu un mur. Tu as regardé la coiffeuse soigneusement te retirer tes longs cheveux bruns derrière lesquels tu te cachais, effrayée mais heureuse qu’on t’enlève ce poids de tes épaules. Tu as pris un bus, et tu as été acheter un pantalon, mais pas de ceux qui sont trop grands, comme ceux que tu achètes d’ordinaires, non, celui-là est presque moulant. Tu réfléchis, et tu te dis que c’est encore une barrière de moins… Et peu importe si cela dure… Parce que tu essayes. La peur est là, elle t’assaille, et tu te sens nue et vulnérable, mais en réalité, tu es forte, parce que tu essayes. Tu t’étais enfermée, barricadée, mais c’est comme si tu avais juste réussi à sortir ta tête hors de cette prison imaginaire, comme si tu sortais ta tête hors de l’eau. Tu t’offres au monde, et tu dis « prenez-moi », mais en réalité, c’est « aimez-moi » qui résonne. Tu sais que tu n’auras peut-être aucune réponse, et que la vie décidera peut-être de te laisser là… Mais tu essayes. Tu repenses à ces gens qui sont tout autour de toi, et tu te dis qu’ils t’aiment. Tu revois leurs mains se dresser en forme de cœurs, leurs sourires, leurs étreintes… Et tu te dis, maussade, que tu espères qu’ils ne t’oublieront pas. Et puis tu penses à toutes ces choses que tu n’as pas le pouvoir de changer. Celles qui t’ont causées quelques peines ces derniers temps. Parce que tu n’y connais rien à ces choses-là. L’amour, la loyauté, l’amitié… Tu es un peu paumée, et tu te dis qu’on aurait bien raison de te laisser là. Mais tu penses à ces choses que tu ne maîtrise pas, que tu ne comprends même pas… Tu ne peux pas les changer, mais, en revanche, tu as su changer des petites choses, minuscules certes, mais des petites choses qui étaient à ta portée. Tu te dis que face aux immenses montagnes, faisant obstacle à tes aspirations, si tu ne peux pas escalader, tu peux au moins contourner. Ca prendra du temps, et ce sera fatiguant… Mais tu arriveras où tu veux aller.

            Et puis, dans un sourire, tu te dis qu’au moins, tu auras appris la fierté.

Publié dans Vie, Divers

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L'Air Marine 01/03/2017 15:24

Oooh ! Ohhh ! *coeur coeur avec les doigts*
Ben tu en écris des choses dis donc ! ça te va très bien les cheveux comme ça ;) Je suis fière de toi, d'essayer de t'ouvrir d'avantage au monde :3 C'est comme ça que l'on atteint ses objectifs ma belle ;) Continue comme ça surtout ! :D