Seuls.

Publié le par Gabonia Maria Madeus

 

Entre deux bouquins de poussière, aux pages usées, installés sur une étagère de travers et portant les mots des autres. Entre deux gouttes de pluie, tombée en plein orage sur le bitume gris et froid. Entre deux voitures au passage piéton, devant les bandes blanches tachées par la vie urbaine. Entre deux larmes échappées, à la tristesse passagère, au petit goût salé. Dans le regard des autres. Dans le miroir. Entre deux obscurités, paisiblement installées tout près du petit jour. Entre deux fourchettes, pointées dans la même direction, posées négligemment sur une table face au soleil couchant. Entre deux rayons de soleil, donnant naissance aux arcs-en-ciel à travers l’averse. Entre deux touches d’un piano désaccordé, ostensiblement laissé libre et vagabond. Entre deux sourires, comme deux bijoux précieux et adorés, deux perles de soleil dessinées sur la peau. Entre deux brins d’herbes, en pleine nature, dans les plaines vertes et paisibles de la campagne dorée, en attendant la fin de l’été. Dans le regard des autres. Dans le miroir. Entre deux pages d’un vieux livre de légende, ayant traversé le temps jusqu’aux mains des enfants. Entre deux mélodies, douces et jolies. Entre deux chemins, au creux des arbres de la forêts en entendant au loin la rivière s’écouler lentement. Entre deux coups de pinceaux bien posés, déposant la peinture sur la toile immaculée jusqu’à présent. Entre deux mains tendues, aux petits doigts allongés, ongles rongés ou manucurés. Entre deux bouchées, au petit restaurant du coin, en attendant le pain. Entre deux regards dérobés, cachés, dissimulés, aux « pourvu que personne n’ait remarqué ». Entre deux marches, à la hauteur surprenante et déconcertante. Dans le regard des autres. Dans le miroir.

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