Les gamins d'autrefois.

Publié le par Gabonia Maria Madeus

Les gamins d'autrefois.

Je me souviens, quand j’étais petite, et que je montais sur mon vélo pour faire la course avec Jules sur la petite colline. On roulait vite, lui sans les mains, moi avec. C’était toujours plein de fous rires, ce temps-là. Aujourd’hui, mon vélo est rouillé, et j’ai quitté la petite colline pour la cité.

               Je me souviens… Je jouais à la poupée avec Lila, et ça me plaisait bien, parce qu’elle avait une de ces poupées qui parlent. On se prenait pour des jeunes mamans consciencieuses, dans le secret de ma chambre. Aujourd’hui, la poupée vieillit dans un coffre du grenier, et ma chambre est presque entièrement vidée.

               Et puis, avec Jules et Lila, on allait s’imaginer des vies d’aventuriers dans les arbres au fond de mon jardin. On se prenait pour des rois… Ils m’appelaient du fond du chemin, impatients et pleins de ressources... Et on inventait des machines à voyager à la vitesse de la lumière pour se retrouver vite… Aujourd’hui, ils ne se souviennent sûrement pas de moi, et nos vies sont encore plus éloignées qu’autrefois.

               Je me souviens, j’étais follement amoureuse de Jules. Il était gentil, il était mignon. Quand il n’était pas là, je me demandais quand il reviendrait par chez moi. J’attendais les grandes vacances pour voir s’il serait là. Je m’imaginais que quand nous serions plus grands, nous nous verrions plus souvent. Aujourd’hui, ça fait longtemps que je sais m’être trompée, et son souvenir devient peu à peu fané.

               Je me souviens… Lila elle me racontait des histoires, un peu de mensonges pour se la jouer, et je buvais ses paroles. J’adorais tout d’elle, elle était jolie, drôle, maline… J’aurais voulu être sa meilleure amie pour la vie, et puis en plus, elle était un peu plus âgée que moi, et c’était classe d’avoir une amie comme ça à cette époque là. Aujourd’hui Lila est toujours plus âgée que moi, et j’espère qu’elle se souvient de moi.

               Et puis, des fois, Jules et Lila m’emmenaient dans leur maison. On regardait Maya L’Abeille, parce qu’après tout, on n’était que des enfants, et puis on allait dans leur jardin. Et il y avait un muret sur lequel on s’amusait à jeter des pierres, pour en extraire des pépites. Ils me disaient que c’était de l’or. J’y croyais, et j’y crois encore… Aujourd’hui, l’or ce sont ces souvenirs, ces sourires et ces éclats de rire qui dans ma tête résonnent encore…

               Parfois j’imagine que Lila, Jules et moi, on est encore là, dans le jardin à jouer avec rien.

               Parfois je rêve que Lila, Jules et moi, on est encore là, les gamins d’autrefois.

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