Parfums

Publié le par Gabonia Maria Madeus

Parfums

Tu sais, le parfum qui flotte dans l’air quand il a fait chaud
Et que la pluie a trempé nos affaires
Ce parfum de nostalgie, de chien mouillé, qui colle à la peau
Ce parfum qui flotte quand l’eau noie la poussière…
Comme toutes ces odeurs qui marquent un temps
Qui nous abreuvent de souvenirs…
Je revois encore la démarche bancale de grand-maman
Qui nous ouvrait la porte lorsque la pluie nous faisait courir…
Et les peluches restées à la cave bien trop longtemps,
Qui sentent le renfermé et les cendres de vie
Qu’on a laissé dormir simplement
Là où personne n’aurait voulu passer une nuit

Tu sais, le parfum qui flotte dans l’air après une averse d’été
Qui rappelle les orages sous les tentes,
Quand on sent dans nos dos chaque goutte d’eau couler,
Le parfum du sec et de sa renaissance lente…
Et je revois encore mamie manier son torchon
Pour la confiture de groseille qui ne cuisait pas encore
Mais qu’on dégusterait tantôt sur le balcon
En respirant l’air sucré du réconfort après l’effort…
Et j’entends malgré moi le cliquetis des aiguilles de tricot,
Qui s’emmêlaient en rectangles colorés
Tricotant pour mon dos,
Une couverture pour les hivers gelés.

Tu sais, le parfum qui flotte dans l’air quand terre brûlée,
Bien malgré elle, est devenue mouillée,
Ce parfum de frustration, et de vacances gâchées,
De visites de musées, et aventures improvisées,
Ce parfum qui nous revient sans prévenir,
Habile mais doux,
S’insinuer sans le vouloir dans nos souvenirs,
Taquiner nos sens ou peut-être nous rendre fous…
Et qui nous rappelle délicieusement,
L’odeur humide de notre campagne d’antan
Et qui se retrouvait chassé par le vent,
Lorsque dame Nature revêtait son manteau blanc…

Tu sais, le parfum qui flotte dans l’air avec la pluie,
Virant soleil et chaleur de nos après-midi,
Et qui éveille en nous le sourire ahuri
De celui qui goûte encore les joies passées d’une ancienne vie
Ce parfum qui rappelle chaque première fois
Qui se mêle à l’odeur des bougies à peines soufflées
Et puis l’odeur idéale d’une galette des rois
Et ce parfum chloré d’un maillot de bain à peine séché.
Tu sais, le parfum qui flotte dans l’air un 14 juillet,
Fumées, chaleur et lampions brûlés,
Le parfum qui te tourne toujours autour, que tu ne saurais nommer
Mais qui ressemble, c’est à s’y méprendre, à celui de la liberté.

Publié dans Poésie, Visuel

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