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7 articles avec nuances et variations

Nuances et variations - Colore

Publié le par Gabonia Maria Madeus

Nuances et variations - Colore

     Dani s'était emparée d'une douzaine de pots qu'elle avait placés dans un grand panier. Elle ne savait pas encore l'usage qu'elle ferait des douze couleurs, mais elle se disait qu'elle pourrait improviser. Elle savait qu'elle devait descendre plus de couleurs au bar et qu'Hugo arriverait bientôt pour l'aider. Elle plaça le panier près de la porte.

     Elle avait demandé à Hugo de la rejoindre dans l'appartement. Elle retourna dans sa pièce favorite, son petit atelier personnel, où gisaient encore plus d'une quarantaine de pots colorés et regarda attentivement chaque couleurs. De quoi d'autre aurait-elle besoin ? Elle voulait mettre des centaines de couleurs dans son oeuvre, des couleurs humaines, des couleurs surnaturelles, des couleurs puissantes. Elle voulait faire voyager les gens à travers un monde coloré. Comment ne choisir qu'une petite vingtaine de couleurs..?

     Les pas d'Hugo qui montait l'escalier raisonnaient dans tout l'appartement. L'écho qui s'emparait de l'habitation dès que la porte s'ouvrait était incroyable. Dani se retourna. Hugo avait enfilé une salopette bleue par dessus une chemise à carreaux. Ses cheveux n'étaient pas coiffés et reposaient sur sa tête, tout ébouriffés. Il avait une allure d'artiste ce matin, et Dani se demanda si elle renvoyait d'elle la même image.

- Alors ? Demanda Hugo.

- Il y a un panier devant la porte. Il faudrait le descendre en bas...

- A vos ordres, chef !

     Dani se mit à rire. Elle s'empara de quatre autre pots, pris au hasard dans le tas, et descendit avec le jeune homme.

 

- Combien de temps il nous reste, déjà ? Lança Hugo qui appliquait sur le mur un bleu de minuit envoûtant. Deux heures, c'est ça ? On aura jamais fini....

- Le but c'est pas de tout finir maintenant. Mais faut avoir bien avancé quand il rentrera...

- Mais il sait que...

- Bien sûr que non ! C'est une surprise, Hugo...

- Et tu crois qu'il appréciera que tu aies fait ça sans lui demander ?

- Peins et tais-toi, lui ordonna Dani qui n'avait pas de réponse à la question posée.

 

     Dani et Hugo avait remonté les pots de peinture et les pinceaux sales et attendaient maintenant, cachés derrière le comptoir qu'Alexis rentre dans son bar. Ils avaient tout juste terminé leur ouvrage, et même si Dani aurait sûrement quelques retouches à faire, elle était contente de ce qu'ils avaient créé.

     Le bruit d'une clé dans une serrure se fit entendre, et la porte s'ouvrit. Quelqu'un alluma les lumières, et Dani se releva soudainement.

- Surprise ! Cria t-elle.

     En face d'elle, Alexis n'en revenait pas. Il souriait béatement en regardant tout autour de lui. Son bar semblait enfin être à son image. Dani vint le rejoindre, et Hugo se releva lui aussi pour les accompagner dans leur contemplation.

 

     Le mur derrière le comptoir était peint d'un gris fer épais, et les murs de droite et de gauche d'un bleu de minuit parfait. Dani avait dessiné, sur le mur de droite, Pandore, la première femme crée par Zeus pour se venger des Hommes qui avaient obtenu le feu grâce à Prométhée. Elle était peinte d'un blanc crème, ses joues étaient colorées d'un rose pastel et ses yeux étaient bleus comme le ciel et semblaient briller grâce à une petite touche de blanc déposée dans chaque iris. Sa nudité était cachée par un voile blanc doté de reflets de jaune impérial. Ses cheveux étaient d'un brun épais, et les reflets roux et or donnaient à la chevelure un aspect soyeux. Elle semblait extraordinairement humaine. Elle tendait les bras vers le mur gris. Sur ce mur gris, Dani avait peint la boîte de Pandore, connue de tous. La boîte était immense, et entourée d'une espèce d'aura d'un vert rayonnant et d'un jaune étonnant. Elle était peinte en bleu très foncé, presque noir. Des ornements prestigieux de toutes les couleurs la recouvraient. Enfin, sur le mur de gauche, Dani avait peint Prométhée offrant le feu aux Hommes. A genoux, Prométhée est peint nu, et tenant un feu flamboyant dans ses mains. Le mélange d'un jaune paille, d'un orange vif et d'un rouge feu créait l'image très réelle d'un véritable brasier. Devant Prométhée se tenait Alexis, peint lui aussi d'une manière très réaliste. Au loin, tout au fond du mur, Epiméthée l'observait.

     Dans cette explosion de légendes et de couleurs, Alexis n'en revenait toujours pas.

 

     Dans les jours qui suivirent, Alexis fit changer le nom du bar. Maintenant, à la place de ce que l'on appelait autrefois « Le Bar On » se tient « La Boîte de Colore ».

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Nuances et variations - Lundi

Publié le par Gabonia Maria Madeus

Nuances et variations - Lundi

Un jeune homme s’approcha de la porte du bar « Le Bar On » et retourna vivement la petite pancarte qui disait « Fermé (parce qu’il faut bien se reposer) ». De l’autre côté de la pancarte, sur un fond rouge vif, d’une écriture jaune canari étaient inscrits ces mots : « Ouvert (parce qu’on s’est bien reposé et qu’on va tout déchirer !) ». Le jeune homme, un brun aux yeux verts, tourna ses talons et se dirigea vers le bar. Il essuya quelques verres, nettoya son comptoir, fit un peu de comptabilité, mis en place la salle de son bar, et se posa quelques minutes sur un table avec un roman. Il chercha pendant quelques secondes la bonne page, celle à laquelle il s’était arrêté, sans doute. Juste au moment où il sembla trouver la bonne page, une clochette retentit, signalant que quelqu’un venait d’entrer dans le bar. Il soupira et se leva.

Dani posa son sac violet cousu main sur le comptoir et regarda le jeune brun. Elle lui sourit avant de commander un chocolat chaud et un croissant. C’était son petit rituel des lundis matins pour, disait-elle, commencer la semaine en beauté. Le jeune homme lui apporta son chocolat chaud et son croissant et croisa les bras tout en restant en face d’elle.

- Alors, commença Dani la bouche pleine. Comment c’était ton week-end ?

- J’étais chez mon frère à Lyon, c’était pas mal, mais je suis un peu crevé. Tu connaitrais pas quelqu’un qui voudrait quelques heures de boulot ?

- Hm, je crois pas, pourquoi ? Tu veux embaucher quelqu’un pour faire les sales horaires ?

- Ouais, genre quelqu’un qui ferait l’ouverture ou la fermeture de temps en temps…, répondit-il en baillant.

- Je peux t’aider moi !

Dani scruta la réaction du jeune homme avec un sourire malicieux. Il semblait très surpris de cette nouvelle. Il regarda Dani, avec un air très sérieux.

- Tu voudrais sérieusement bien faire quelques heures ici ?

- Bah, Alexis, bien sûr, j’habite juste au-dessus ! s’exclama t-elle. Puis, c’est sympa comme petit job. ‘fin, je serais payée, quand même ?

- Evidemment…

Alexis fut interrompu par le bruit singulier de la porte. La petite clochette retentit trois fois. Un groupe d’amis venait d’entrer. Il les laissa s’installer à une table avant d’aller les saluer et prendre leur commande. Pendant ce temps, Dani observa les nouveaux arrivants.

Il lui semblait qu’elle ne les avait jamais vus auparavant. Il y avait une jeune femme, blonde avec une mèche rose, et qui avait une sorte de tâche de naissance au creux du cou. Elle portait une salopette en jeans par-dessus un t-shirt jaune orangé et avait une veste noire. Ses chaussures à talons étaient noires également, et elle avait des boucles d’oreilles jaunes comme son t-shirt. A côté d’elle se tenait un garçon, au teint mat, qui avait de magnifiques noirs cheveux bouclés. Il n’avait pas de très longs cheveux, mais ils n’étaient pas très courts non plus. Il avait des lunettes rouges foncé , et un collier de perles en bois. Il avait sur lui un simple jean et un t-shirt noir, et portait aux pieds des baskets blanches. Il semblait être le plus jovial de la bande. Enfin, un autre jeune homme se trouvait avec eux à la table. Il était roux, et avaient les cheveux longs. Il les avait coiffés en une tresse qui lui arrivait en dessous des épaules. Son visage était couvert de tâches de rousseur, et il avait un grain de beauté juste à côté de son œil droit. Il était habillé d’un pantalon bleu foncé, et d’un t-shirt blanc. Il avait également revêtu une petite veste sans manches noire, des mocassins et une écharpe d’un bleu azur très clair. Il semblait être assez marrant, puisqu’Alexis était mort de rire en prenant sa commande.

Dani détourna les yeux quand elle vit Alexis se retourner pour revenir préparer les commandes et fit mine de boire son chocolat chaud en regardant les images accrochée derrière le comptoir. Alexis arriva près d’elle, passa derrière le bar et posa un plateau vide devant lui.

- Je t’ai vu nous observer, fais pas l’innocente !

Dani sourit. Elle posa la tasse qu’elle venait de terminer et en demanda une autre. Alexis passa une main dans ses cheveux après avoir posé une tasse de café sur le plateau, un jus d’orange et un thé. Il prépara la tasse de Dani et la posa devant elle avant de déposer deux pains au chocolat et un croissant sur dans une corbeille. Il emmena le plateau et la corbeille sur la petite table dont il venait de prendre la commande. Il revint près de Dani, imprima l’addition et retourna la donner au petit groupe d’amis. Lorsqu’il eut terminé, il se plaça en face de Dani. Elle ne put s’empêcher de demander :

- C’est qui ?

- La fille entre aux Beaux-Arts, je crois, elle débarque dans le quartier, le mec aux lunettes, c’est son voisin et le rouquin, c’est genre son cousin ou un truc comme ça…

- Ils sont sympas ?

- Très ! La fille s’appelle Clara, je crois, son voisin Paul et le rouquin j’en ai aucune idée…

Dani hocha de la tête, puis décida d’aller se présenter. Elle débarqua au milieu d’une conversation. Elle se présenta rapidement.

- Coucou, moi c’est Danielle, mais tout le monde m’appelle Dani ! J’suis peintre, et j’vais travailler un peu ici !, dit-elle toute souriante. Désolée, j’aime bien rencontrer des gens, et du coup, voilà…

- Moi c’est Clarisse, tout le monde m’appelle Clara, et j’vais entrer aux beaux-arts dans deux mois… Enfin, après les vacances quoi, dit-elle en rougissant. Lui c’est mon cousin Raphaël, et lui c’est Paul, mon voisin.

- Enchantée ! Faudra qu’on se fasse une petite soirée un de ces jours ! Filez-moi vos numéros !

Dani revint au bar. Alexis secouait la tête de gauche à droite puis de droite à gauche et souriant et en ayant l’air désespéré. Il lui demanda en riant comment elle faisait pour être aussi extravertie. Dani haussa les épaules en éclatant de rire. Elle piqua à Alexis le livre qu’il avait posé près de son jus d’orange et lu le titre à haute voix. Elle semblait impressionnée qu’il puisse lire quelque chose comme ça. Elle haussa les sourcils en lui rendant le petit bouquin à la couverture blanche.

- Tu sais, je pensais à un truc… Faudrait en faire quelque chose de ce bar…

- Je sais pas ce que je suis sensé comprendre, là…

- Faudrait le repeindre ! Oh, oui ! Alexis ! Laisse-moi repeindre ton baaaaaaaar !, s’écria Dani, heureuse d’avoir trouvé une si bonne idée. S’il te plaît ! Je ferai un truc super beau ! Je travaillerai sur un arrangement de couleurs, je ferai une fresque gigantesque ! Ce sera genre harmonieux et déconcertant !

- Un peu comme toi ?

- Oui, c’est ça ! Comme moi ! Ce sera un mélange explosif de couleurs acidulées mais douces en même temps !

- J’sais pas trop…, pouffa Alexis. On verra… Donc tu vas travailler un peu ici ?

- Quand t’en as besoin, ouais, si tu veux ! De toutes façons, j’ai pas grand-chose à faire à part aller à la galerie d’arts pour bosser… Mais elle ouvre à dix heures et ferme à dix-neuf heures, alors… J’suis genre… Méga dispo !

Dani sourit, et Alexis nota ses horaires. Il lui dit qu’il devait encore calculer son salaire et voir s’il pouvait se permettre d’employer quelqu’un. Puis d’autres personnes entrèrent dans le bar, le groupe d’amis que Dani venait d’approcher partit, et Alexis commença sa course habituelle. Dani le salua, prit son sac et ressortit en chantonnant.

- C’est parti !, se dit-elle en murmurant. Que la semaine commence !

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Dani - La Petite Reine

Publié le par Gabonia Maria Madeus

Dani - La Petite Reine

 

               La jeune femme attendait patiemment sur son lit d’hôpital. Dans un couffin, posé sur le lit, un petit bébé en pyjama mauve, dormait paisiblement. Une infirmière rentra dans la pièce, un grand sourire ému aux lèvres. « Alors, Mme Rajane, c’est le grand jour ? On ramène la petite, et c’est toute une autre vie qui commence… ». Ses yeux étaient presque larmoyants. Elle sourit et émit un petit rire nerveux et essuyant ses yeux avant de dire : « Excusez-moi, je suis toujours émotive quand les mamans s’en vont… ». Mme Rajane sourit à l’infirmière, et le bébé émit un petit son ensommeillé. L’infirmière, devant la petite et ses mimiques, versa une petite larme. Tout à coup, la porte de la chambre s’ouvrit et un grand jeune homme entra, dans son gros manteau bleu. Il donna à Mme Rajane un manteau noir qu’il avait apporté et couvrit le couffin. « Il pleut. » expliqua-t-il. Les deux femmes acquiescèrent d’un mouvement de tête. Mme Rajane se leva et embrassa l’infirmière, qui avait d’abord salué le jeune homme. Ce dernier avait pris le couffin et le sac noir à pois roses qui se trouvait par terre. Il déposa un baiser sur la joue de Mme Rajane et ils partirent.

                « Fais attention en la mettant dans le siège, Lee. » lança Mme Rajane avec un ton inquiet. Lee répondit qu’il faisait attention, qu’il ne pouvait pas ne pas faire attention. La jeune femme monta à l’arrière, avec le bébé, qu’elle ne voulait pas quitter des yeux, tandis que Lee conduisait. Ce dernier, tout le long de la route, conduisait très lentement. Le nourrisson, qui dormait tranquillement ne se réveilla que lorsque la voiture s’arrêta devant une petite maison aux volets bleus. Lee sortit le premier et ouvrit la portière de la jeune femme, avant de prendre son sac et d’ouvrir la porte de la maison. Il posa le sac aux pieds des escaliers qui se trouvaient juste en face de la porte et ressortit de la maison en courant, pour prendre la petite de son siège et la reposer dans le couffin. « Gina, tu veux de l’aide ? ». La jeune femme releva la tête et répondit avec un petit sourire « Non, ça va aller, mon chéri, occupe-toi seulement de la petite. ».

 

                Lee et Gina étaient main dans la main devant le berceau de la petite fille qu’ils venaient de ramener de l’hôpital. Lee passa sa main devant la bouche et le nez de l’enfant et soupira. « J’ai l’impression qu’elle va s’arrêter de respirer… Elle a l’air tellement paisible… » dit-il en regardant Gina. Elle se tourna vers lui et l’entoura de ses bras, caressant doucement sa nuque. Elle soupira, à son tour, avant de dire, tout doucement « Elle va bien, Liam. ». Le jeune homme sourit, l’air inquiet persistant tout de même sur son visage. Il demanda à Gina de s’allonger et de se reposer, et lui annonça qu’il avait préparé une salade d’été, et qu’ils pourraient manger au lit en regardant « la petite ».  Il sourit en rougissant légèrement, puis, après avoir déposé un chaste baiser sur le front de Gina, descendit les escaliers quatre à quatre.

                Il remonta avec un plateau sur lequel étaient disposés deux verres d’eau fraîche et deux assiettes de salade de pâtes. « La petite a fait un petit bruit adorable… » lui dit Gina avec un sourire ému. Lee esquissa un sourire avant de s’en vouloir d’avoir raté cela. « Ne t’en fais pas, on a toute une vie pour l’entendre faire des petits bruits… » lui répondit Gina. La pièce sentait l’hôpital et les affaires neuves, ainsi que les magasins pour bébés et futures maman. Une légère odeur venait d’envahir les narines de Gina, qui se rendit compte qu’elle avait faim. Elle devait manger, car elle allaitait le nourrisson.  Liam lui demandait sans cesse si elle avait besoin de quelque chose en particulier. Il était inquiet et voulait s’assurer qu’il s’occupait suffisamment d’elle et de leur fille. Le nouveau-né de mit à gigoter et à émettre des bruits de mécontentement avant de se mettre à pleurer. Liam sauta sur ses pieds et la prit dans les bras. Il la changea et la berça avant de la reposer doucement sur le berceau. Il restait quelques minutes au dessus d’elle, vérifiant quelques fois qu’elle respirait bien. Lorsqu’il se retourna vers Gina, celle-ci s’était déjà endormie.

 

                Le lendemain, Lee et Gina furent réveillés à 7h par le nourrisson affamé. Ils avaient peu dormi : la petite s’était réveillée à 11h, puis 1h32, puis 4h23, et maintenant 7h06. Chaque fois qu’elle se réveillait, Lee et Gina avaient du mal à la remettre au lit. Elle aimerait rester dans leurs bras. Gina prit la petite dans ses bras et se mit dans le lit pour allaiter. Lee, à peine éveillé, se redressa et aida sa femme à se placer confortablement. « Danielle » lança Liam. La jeune femme ne réagit pas. Il répéta plus fort en interpellant la jeune mère « Géraldine, qu’est-ce que tu penses de Danielle ? ». Gina tourna la tête vers Liam. « J’aime beaucoup… Je pensais à quelque chose comme Inès, moi… ». Lee eut l’air de réfléchir pendant plusieurs minutes. Il sourit et rit un peu avant de dire « Moi, quand j’étais gosse, je voulais appeler mes enfants Cleopatra et Balthazar. ». Géraldine le regarda dans les yeux. Elle lui sourit et regarda la petite fille qu’elle nourrissait. Elle déposa une légère caresse sur le petit crane duveteux du nourrisson. « Pourquoi pas Danielle Inès Cleopatra ? Je sais qu’on avait dit qu’on donnerait les noms de nos mères pour les deuxième et troisième prénoms, mais.. Ca a un charme… ». Lee haussa les sourcils en regardant tour à tour la petite, puis Gina. Un sourire se dessina sur son visage. « T’as raison, Danielle Inès Cleopatra, c’est plutôt classe. ». Géraldine releva Danielle et lui fit faire son rot. Elle la posa délicatement sur le lit pour la contempler, et Lee ouvrit de grands yeux affolés. « Elle va pas tomber, là ? », dit-il tandis que Gina lui adressait un regard noir et amusé, tout en secouant la tête. Puis elle soupira en prenant la main de la petite fille et répéta : « Danielle Inès Cleopatra… Oui, j’aime bien. Vendu ! On pourra même l’appeler Dani, c’est trop mignon… ».

                La petite Danielle venait de fêter sa première semaine de vie. Les grands-parents, les cousins, les cousines, les oncles et tantes étaient tous venus rencontrer la nouvelle venue. C’était une occasion pour Lee et Gina d’annoncer le prénom complet de la petite Danielle que tout le monde déjà surnommait Dani. Alors que Liam tenait sa fille dans ses bras, Gina, qui s’était assise, un verre d’eau à la main, leva son verre en annonçant : « A notre fille Danielle Inès Cleopatra Rajane ! ». Les invités, un peu surpris, levèrent leurs verres et burent un peu. Les questions fusèrent. Pourquoi Inès ? Pourquoi pas les prénoms des deux grands-mères ? Et surtout : pourquoi Cleopatra ? N’est-ce pas un peu ridicule comme prénom, même si c’est un troisième prénom ? Liam expliqua leur cheminement et, les esprits éclairés, chacun félicita le couple et se fit peu à peu à ces prénoms particuliers. Les deux grands-mères vinrent alors à la rencontre du couple. « Qui a eu l’idée de Cleopatra ? », demanda en souriant la mère de Géraldine. Liam, avec un sourire timide, leva le doigt. « Mais, d’où est-ce que ce prénom t’est venu ? » s’exclama sa propre mère en riant.

Et Lee répondit : « Je ne sais pas… Cléopatre a marqué les esprits… Et elle était jolie… Et puis tout le monde n’a pas Cleopatra en guise de troisième prénom ! Et… Dani, c’est un peu ma petite reine à moi, il fallait bien que je trouve un moyen pour que tout le monde le sache… »

 

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Nuances et variations - INFOS!

Publié le par Gabonia Maria Madeus

Nuances et variations - INFOS!

Dans la série Nuances et Variations s'invitent de nouvelles histoires !

Après avoir réfléchi aux histoires personnelles des deux personnages principaux, je me suis mise à écrire de petites anecdotes sur les enfances de Dani et Hugo. Je vous propose donc de découvrir les enfances, joyeuses ou non, de ces deux artistes, à travers des nouvelles. Elles seront classées dans les catégorie "Nuances et variations", "Nouvelles" et "Dani et Hugo" ! Leur titre comportera le nom du personnage concerné, et le titre de la nouvelle (cela pourrait être, par exemple : "Hugo - Chocolat").

J'espère que cela vous plaira !

A bientôt..!

 

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Nuances et variations - Cuivré

Publié le par Gabonia Maria Madeus

Nuances et variations - Cuivré

Cuivré

 

Dani rentra dans son appartement, les mains couvertes de peinture séchée, et posa les trois pots qu'elle tenait tout près de la porte. Ils comportaient tous des inscriptions : sur l'un était inscrit « Asperge », sur le deuxième « Menthe », et, enfin, sur le dernier était marqué au feutre rouge « Pistache ». La jeune femme soupira et se dirigea vers la salle de bain.

En se regardant dans le miroir, tandis qu'elle frottait ses mains avec acharnement, Dani se rendit compte qu'elle avait sur le visage quelques tâches de peintures vertes. Elle tordit ce visage en une expression tordue, avec un sourire de travers, et des yeux écarquillés, avant de frotter les tâches pistache, asperge et menthe. Une fois les petites tâches effacées, la jeune femme remarqua que les endroits où se tenaient les tâches avaient pris une teinte légèrement verte.

- Visiblement, vous êtes des tâches coriaces !, lança t-elle en fronçant les sourcils vers le miroir.

Dani, en soupirant légèrement, prit une dose de savon au creux de ses mains. Elle regarda la substance héliotrope qui sentait le jasmin et la fit mousser entre ses deux petites mains avant de frotter tout son visage avec cette mousse teintée de mauve. Elle plaça sa tête sous le robinet de la baignoire et rinça sans retenue tout le savon. L'eau qui en coulait retombait dans la baignoire teintée non seulement de mauve, mais aussi de vert. C'était surtout du vert pistache qui coulait et s'enlevait avec l'eau savonneuse.

Une fois lavée et surtout rincée, Dani rangea les trois pots qu'elle avait laissé près de la porte sur une étagère où reposait deux autres pots, marqués « Indigo » et « Pervenche ». Elle nota sur une petite liste les trois noms de peinture verte qu'elle venait d'épuiser. Il lui faudrait acheter de quoi en refaire, ainsi que de quoi refaire les deux autres couleurs qu'elle avait épuisé quelques jours auparavant. Elle prit ensuite le chemin de la cuisine et s'arrêta pour allumer la radio. Elle avait pour habitude d'écouter une radio qui passait des standards de Jazz. Parfois, elle ne reconnaissait pas les morceaux, mais la plupart du temps, elle connaissait les musiques presque par coeur.

La jeune femme posa sur son plan de travail de cuisine un poivron vert, des tomates rouges, des concombres verts pâles, des oignons couleur oignon, et du fromage grec blanc. Elle allait se confectionner une petite salade grecque. C'était sans doute un de ses plats préférés, et qui n'était, en plus de cela, pas difficile à préparer.

Tandis qu'elle découpait soigneusement les tomates, la radio passa un morceau au rythme endiablé, envoûtant, entraînant, et qui l'entraîna. Elle commença à bouger son bassin au rythme de la musique, tout en continuant à couper les ingrédients.

Soudain, la tentation devint trop forte, et la jeune femme posa son couteau et la tomates qui était en train de se faire découper, et commença à sauter frénétiquement. Elle secouait la tête, ses cheveux longs, et encore humides, suivant le mouvement. Elle reprenait même l'air de la chanson à tue-tête, comme si elle devait chanter pour un zénith tout entier sans aucun micro. Son coeur battait à tout rompre, et le souffle commençait à lui manquer. Elle se déchaînait au son des trompettes et du piano, au son fracassant de la batterie et des notes graves de la contrebasse. Elle se laissait emporter par les voix brillantes et harmonieuses de la chanteuse et des choeurs.

Elle sautait, sautait, criait, soufflait, secouait la tête dans tous les sens, perdue dans un autre univers ensoleillé, elle sautait, chantait comme si elle était la chanteuse principale, envoyant valser tout problème, envoyant valser les couleurs et la cuisine. Elle s'imaginait au milieu d'une foule, qui dansait tout autant qu'elle, avec, au milieu de cette foule, le groupe, la chanteuse et les choriste qu'elle était en train d'écouter, le soleil chauffant naturellement tout ce monde. Elle regarda un instant le ciel bleu de ses rêves, puis tourna la tête vers les trompettes dansantes. Les musiciens secouaient leurs instruments de gauches à droites, tandis que le batteur fermait les yeux, transcendé par la musique. Les rayons du soleil se reflétaient dans les pavillons dorés des trompettes et des trombones. Dani avait bien laissé tomber toutes les couleurs au son de cette chanson, et s'était plongée dans le son orangé et doré des instruments. Si cette chanson avait une couleur, elle était très probablement de couleur cuivrée.

Une couleur cuivrée, au son du jazz de cette soirée, cuivrée, au rythme dansant du morceau. Une couleur cuivrée comme les casseroles de la cuisine, et le saladier préféré de Dani.

La chanson venait de s'arrêter, et les images ensoleillées s'étaient évaporées. Le son cuivré de la chanson semblait seulement résonner dans les yeux de Dani, qui reprenait ses esprits, et qui se remit simplement à remplir son saladier jazzy de tomates rouges et de poivrons verts.

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Nuances et variations - Albâtre

Publié le par Gabonia Maria Madeus

Nuances et variations - Albâtre

Albâtre.

 

C'était lancé. Le bleu céruléen avait giclé sur le blanc parfait de la toile. L'artiste, une jeune femme aux allures étranges, se recula et examina la tâche. Hochant la tête, elle se tourna vers la table et chercha parmi la multitude de couleurs qui s'offraient à elle celle qui conviendrait parfaitement. Elle avait placé dans des pots en verre quelques dizaines de couleurs qui ne se trouvait pas en tube et qu'elle avait donc fabriqué elle-même. Son regard s'illumina, et elle tendit la main vers un bocal marqué « Glauque ». Elle plongea son pinceau à l'intérieur et écrasa la couleur sur la toile en un geste déterminé. Elle se recula de nouveau pour contempler la toile, puis se tourna encore une fois vers la table.

Un bruit de pas résonnait dans la pièce, mais la jeune femme, trop concentrée pour remarquer quoi que ce soit, ne réagit pas. Arriva un jeune homme, très grand et mince, au crâne rasé, habillé d'un costume noir. Un sourire s'étira sur son visage tandis qu'il regardait l'artiste en pleine réflexion.

- J'y crois pas. C'est une blague ? Lança t-il.

La jeune femme se retourna vivement, et ses yeux s'écarquillèrent en voyant de qui il s'agissait. Elle semblait surprise.

- Tu m'as encore oublié, dit-il amusé.

- Pardon, Hugo. Pardon, je suis vraiment désolée..., s'excusa la jeune femme avec un regard paniqué, en s'avançant vers le jeune homme.

 

Hugo se mit à rire et l'embrassa sur le front avant d'aller prendre une chaise pour s'asseoir à côté de l'oeuvre inachevée.

- Tu finis ça et on va boire quelque chose en bas ?

- Je ne vais pas finir ça maintenant, mais je vais encore y travailler un peu, répondit-elle. Mais je crois que le bar d'en dessous est fermé vu qu'Alexis est parti chez sa mère pour Noël.

- Il a une mère, Alexis ?

La jeune femme regarda Hugo, un sourire en coin dessiné sur son visage, se retenant de rire aux bêtises de son ami. Elle se mit dos à lui, et face à la table, pour chercher une autre couleur qui contrasterait le glauque et le céruléen appliqués plus tôt. Elle passa son regard sur tous les bocaux et en pris un dans chaque main. Elle fit volte-face pour se trouver face à Hugo.

- Carmin ou... Queue-de-renard ?, demanda t-elle.

- Queue-de-renard, évidemment.

Elle ouvrit le pot et prit un plus petit pinceau pour le plonger à l'intérieur. Elle esquissa quelques traits par dessus le glauque et le céruléen, plus concentrée que jamais.

- Tu sais que cette couleur s'appelle aussi Amarante. Queue-de-renard, c'est un... un... Un surnom, quoi.

- Ah. C'est marrant, l'amarante, fit remarquer Hugo, non sans être fier de la blague qu'il pensait faire. C'est drôle, hein ?

- Pas tellement, non. Je ne remarque qu'une seule qui n'ai pas changé chez toi, Hugo, c'est ton humour toujours aussi merdique.

- Pardon ?, rétorqua t-il. Qu'entends-je ? Qu'ois-je ? « Humour merdique », est-ce bien ce que tu as dit ?

- Assurément.

- Il est de mon devoir de vous avertir que je vais vous recouvrir des couleurs caca d'oie et  feuille morte !, cria t-il en s'emparant de deux pots de peinture.

La jeune artiste, affolée, lâcha son pinceau et se mit à courir dans toute la pièce pour échapper au nouveau peintre fou, qui avait plongé la main dans un des bocaux, et qui s'apprêtait à lancer une grosse dose de peinture sur son amie. Il reposa cependant le pot et de l'autre main, il réussit à ouvrir le second et à prendre une autre dose de peinture de l'autre couleur. Il s'avança d'un air menaçant vers l'artiste, prêt à lui jeter à la figure les deux immondes couleurs. Elle tournait autour de la table, affolée, et complètement surexcitée par le jeu qui venait de s'installer. Ses cheveux collaient à son visage, et ses yeux étaient rieurs.

Rouge écarlate, la jeune fille riait comme jamais elle n'avait rit, lorsqu'Hugo se décida à lâcher sur elle ses deux couleurs.

C'était lancé. Les deux couleurs avaient atterri sur la toile quand la jeune fille s'était baissée. Éclatant de rire, Hugo s'avança vers la toile tandis que la fille, se marrant encore plus, se retournait vers son oeuvre salie.

- C'est pas plus mal comme ça, en fait, remarqua l'artiste.

- Le caca d'oie et le feuille morte se marient super bien avec ta queue-de-renard. Je crois que tu tiens un truc, là, Dani.

- Je crois sérieusement que je vais laisser ça comme ça. Je vais l'appeler « Le Vécu ». Ce serait un peu genre les couleurs de ma vie, tu vois, j'ai laissé transparaître mes émotions à travers les couleurs, expliqua t-elle sur un ton qui parodiait largement les artistes pédants qu'elle avait déjà eu l'occasion de rencontrer.

- Ta vie doit pas être jolie-jolie pour avoir mis deux grosses bouzes de caca d'oie et de feuille morte, sur du vert bizarre et du bleu ciel.

- ET queue-de-renard, n'oublie pas !, lança t-elle en riant. Non, mais c'est pour faire genre, répondit-elle. C'est pas sérieux.

- Et ta vie ressemblerait à quoi si c'était une couleur alors ?

Dani regarda Hugo dans les yeux et déposa, rougissante, un baiser sur la joue mal rasée du jeune homme. Ils se regardèrent de nouveau et se mirent à rire. Puis Dani, reprenant de son sérieux, répondit à la question :

- Ma vie ce serait comme une grande lumière blanche.

- Comment ça ?

- Toutes les couleurs en même temps.

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Série de nouvelles : Nuances et variations

Publié le par Gabonia Maria Madeus

Série de nouvelles : Nuances et variations

Suite au dernier article, voici, finalement, la série de nouvelles annoncée !

Voici le "visuel" de cette série qui porte le nom de "Nuances et variations", que vous retrouverez facilement dans les catégories "Nuances et variations" et "Nouvelles" (au cas où vous vous perdez, sait on jamais !).

 

Pour l'instant, simple petite présentation de ces nouvelles :

 

Il s'agit d'une série de nouvelles qui ont pour héros deux artistes : un musicien et une peintre. Hugo, guitariste, et poète dans l'âme, est discret mais est aussi un ami chaleureux et adorable, et Dani, jeune artiste qui ne se montre jamais sans une tâche de peinture, est une gentille folle aux peintures abstraites et rythmées.

Il n'y a pas tellement de grandes déclarations dans ces nouvelles, c'est un travail, qui tente d'allier musique et peinture avec les mots. Cela se retrouve dans le titre "Nuances et variations" qui sont des termes utilisés pour décrire des oeuvres musicales et plastiques.

 

J'espère que ces nouvelles vous plairont, et qu'elles vous mettront des couleurs plein les yeux et de la musique plein les oreilles !

Je vous laisse avec une petite musique de fin, pour vous mettre dans l'ambiance !

A très vite pour la première nouvelle !

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