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21 articles avec poesie

Impressions.

Publié le par Gabonia Maria Madeus

Impressions.

Soleil. Une morsure sur nos lèvres. Animaux sauvages et fougue. Plumes tombant du ciel, en plein vol. Oiseaux capricieux. Une langue rêche  appliquée sur nos joues. Baisers mouillés au coucher du soleil. Poils de chats et éternuements dans le salon. Que mangera-t-on ce soir, chérie ? Pizza d’Italie à emporter ou sushi dans le resto chinois d’à côté. Amour et volupté. Courges en velouté. Griffures dans nos dos. Lionnes fâchées et panthères amusées.

Brûlures des corps. Magma en fusion. Explosions des sens. Hyperactivité. Cuisinière restée allumée. Mais t’as pas éteint le four en partant ? Pompiers. Sirènes envoûtantes. Ecailles et cheveux tressés. Eau. T’es vraiment trop conne.  Brûlures. Charbon noir pour le barbecue, et grilles à nettoyer. Brûlures partout. Cerveaux en ébullition, neurones, synapses, tout part en s’embrasant. Corps s’embrassant. Magma puissant. Sirènes charmantes. Ruses et mensonges futiles. Personne n’y croit de toute façon. Sourires fascinants. Maquillages, paillettes, laques et coiffures impressionnantes. Brûlures. Chaleur. Equateur.

Papillons dans le jardin. Colère. Tulipes ou magnolias ? Rage. Chats miaulant non loin de là. Colère. Herbe fraîchement coupée, réserve de bois pour les feux de cheminée, cabane en bois. Partis politiques. Mais tu vas quand même pas voter pour ceux-là ? Idées. Post-it. Numéros de téléphones effacés sur le papier. Paysages de Normandie, plein d’arbres. Caresses dans le jardin public, soupirs, baisers volés. Vols d’oiseaux tout près. Cœurs battants. Etendues d’eau à perte de vue, reflets de nos sourires. Epinards à la cantine. Papillons heureux et hommes jardinier souriants. Liberté. Bonne réponse.

Océans de tristesse. Confiance. Baleines volantes dans la nuit, éclairée par de frêles chauves-souris portant des lanternes. Idioties. Pistes de ski. Dauphins majestueux. Océans d’amour. Poulpes froids. Tristesse. Douceur. Aquarelles diluées. Noyades interminables et ciels trop beaux pour être vrais. C’est vraiment trop chiant, on se croirait dans une carte postale. Etouffement. Pleurs. Larmes. Bateaux coulés en pleine mer. T’as vu, heureusement qu’on fait jamais de croisières… Titanic. Panique. Sourires bienveillants. Claques, regards, rapprochements, baisers langoureux, amour dans la piscine. Tendresse. Amertume. Prunelles. Beauté. Art. C’est pas croyable que tu parles encore d’art, c’est tellement stupide.

Publié dans Divers, Poésie, Visuel

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Oh si...

Publié le par Gabonia Maria Madeus

 

Oh si j’étais neige, je

M’évaporerai sur ta peau, je

Serai bulle de froid

Comme bulle de savon contre toi

Oh serre-moi fort,

Serre-moi encore…

De soleil et d’or,

Je m’évapore…

 

Si j’étais flamme, je

Caresserai ton corps, je

Serai douce morsure

Comme du temps la brûlure,

Emmène-moi, emmène-nous

Oh envole nous…

D’étincelles et de vent,

Je t’attends…

 

Je serai luciole dans tes yeux,

Scintillante, vive comme le feu,

Oh si tu le veux un instant

Oh nos doigts entrelacés pressants

Qui s’embrasent maintenant,

Qui se nouent

Oh je serai perle de sel sur ta joue,

Petit cristal, reflet sur l’eau…

Aurore naissante sur ta peau,

Oh je serai au bout de tes lèvres la fleur du temps,

Le souffle du vent, comme un secret d’enfants…

 

Si tu le veux seulement.

Publié dans Poésie, Divers, Vie, Visuel

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Mes reflets...

Publié le par Gabonia Maria Madeus

Mes reflets...

      Au loin, à travers la vitre, je vois la ville. Bleue, plongée dans l’obscurité, sage, docile. Avec ses ballons de lumière accrochés à la terre goudronnée, la ville… Comme prête à être foudroyée, ou prête à vivre. Au loin, je vois la tendre fumée des usines bientôt abandonnées. Plongées dans le noir, ocres et sanglantes. Prêtes à sourire avant de cracher leurs dernières fumées épaisses, et de mourir doucement. La ville est dans sa nuit, éteinte et lumineuse à la fois, comme une étoilée filante au creux des bras du ciel. Les usines toussotent un peu, bercées par les folies passagères des quelques rares automobiles qui les longent en quête du chemin. A travers la vitre, je vois l’étendue sombre des immeubles collés serrés, dansant au son des grillons des parcs de banlieues. Ils ont de petits escaliers en colimaçon, aux marches comme les touches d’un piano désaccordé, et de petites fenêtres qui vivent au rythme du monde. La ville les engloutit presque, les perd dans son bordel bétonné, quand les usines les enfument. Au loin je vois ces parcs verts, tous un peu fanés de certains côtés, un brin de respiration dans tout ce gris ambiant. Et le terrain de basket, envahi par les brins d’air, tout coincé dans une nature stressée, partagé entre la fumée grise et les arbres verts qui cohabitent autour. Au loin, je vois les grues orangées des chantiers obscurs, qui mettent au monde. Au loin, à travers la vitre, je vois cette artère de lumière, ce flot continu de petits points jaunes et blancs se frayant un chemin au milieu des immeubles, usines, grues, parcs et autres volatiles terrestres.

      A travers la vitre, tout près, je vois mon reflet. Glacial, presque fâché. Bleu pâle, à cause de la lumière de mon écran dans le noir de mon appartement. Mon reflet, comme un fantôme flottant dans les airs… Là, tout près, mon reflet m’observe. Comme stupéfait de la ressemblance. Il a un air interrogateur, méfiant. Ses cheveux ondulent sur ses épaules. Ma main se porte jusqu’à mes cheveux. Doux. A travers la vitre, je vois mon reflet. Une petite dame boulote, toute entière de verre, aux cheveux ondulés. Un reflet, de bleu et de gris, comme une photographie, d’ombres et de pluie. A travers la vitre, j’imagine un autre reflet. Un reflet qui prend la main du mien. Froid, translucide, d’ombres et de gris, de bleu et de pluie. Sa main est forte, longue, et serre celle de mon reflet, comme pour ne pas le laisser s’envoler… Un reflet est si vite soufflé, emporté par le vent… Là, tout près, je m’imagine un autre reflet, collé au mien. Comme les immeubles qui dansent au loin. Les deux reflets, main dans la main, éclairés par la lueur pâle de mon écran dans le sombre de l’appartement… Qui tournent, divaguent lentement en un slow silencieux, improvisé à travers la vitre, dans l’obscurité du soir… Fragiles, et délicats.

      Ecrasée entre les crachats des usines et les grillons chantants des parcs, la vitre fendue brise les reflets. Mon reflet imaginé s’envole avec les étoiles, en petites poussières articulées. La ville reprend son droit. Bleue, sage, docile. Et moi je reste là à regarder mon reflet brisé. Bleu, tordu désormais, glacial, et presque fâché. Au loin, tout au loin, à travers la vitre cassée, je vois le ciel scintiller, enveloppé dans cette poussière raffinée que ma vitre fendue a laissé s’échapper… Et je vois.

      Les étoiles ne seraient-elles donc que des reflets brisés ?

Publié dans Nouvelles, Poésie, Vie, Visuel

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Les morceaux de moi.

Publié le par Gabonia Maria Madeus

Les morceaux de moi.

 

Des miettes déposées, là

Des papiers, déchirés

Qu’on ne recollera jamais

Des idées, envolées

Des chansons, des portraits

Le jour qui ne naît… pas…

C’est comme ça…

 

Mais que ferons-nous

Des morceaux de moi

Restés dans tes bras ?

 

Des paroles, des mots

Parfois de trop…

Comme gravés, sur nos peaux

Des griffures,

Des cassures,

Des étoiles, des étés

Printemps fanés…

 

Mais que ferons-nous

Des morceaux de moi

Restés dans tes bras ?

 

Des doutes, des matins

Des routes, des chagrins

La pluie qui ne tombe pas

C’est comme ça…

Des fêlures,

Des ratures,

Une aurore, une plume,

Pieds nus sur le bitume…

 

Mais que ferons-nous

Des morceaux de rien

Au creux de mes mains ?

 

Et les morceaux de tout

Oubliés…

Eparpillés…

Partout…

Qu’en ferons-nous ?

Publié dans Poésie, Visuel

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Moi, ce soir.

Publié le par Gabonia Maria Madeus

Moi, ce soir.

          Me voici, dans mes habits d’hier, encore. J’ai les cheveux propres, coiffés, mais toujours mouillés. J’ai mis un peu de parfum, un peu de noir sur mes yeux qui s’accordent avec mon jogging bleu. J’ai presque pas envie de rire, mais sur mes joues se dessine un tout petit sourire. C’est un sourire de contentement. Celui que je prends quand je me sens presque bien, quand j’ai l’impression d’avoir un cœur plus léger, soulagé, voletant comme une plume dans le vent. J’ai un bouton sur le ventre depuis quelques jours, et il va m’y laisser une sale cicatrice, je le sens.  Je dois quand même avouer que le parfum, c’est du parfum bon marché. Rien d’extraordinaire. Tout à l’heure, j’avais quand même un peu de rouge à lèvres, parce que j’aime tellement la sensation que l’acte d’en mettre me procure. Me voici, moi, dans mes habits d’hier, juste comme ça, moi.

            Me voici, prête à dire de belles choses sur une fausse feuille de papier… Je n’écris pas plus que je ne parle, techniquement : je tape. J’écoute la musique de La La Land, que je viens de regarder, parce qu’elle semble m’inspirer un je-ne-sais-quoi que j’aimerais essayer de trouver. Dire des belles choses, c’est compliqué… Il faut trouver des mots jolis, qui vont avec d’autres mots jolis, et trouver de belles images à peindre en lettres, et c’est encore pire quand on part seulement de rien. Mais je me sens libre de tout, comme si j’avais quelque chose à offrir. Je me sens vivante et capable d’envoyer rêver les étoiles elles-mêmes, de les envoyer valser tout contre le soleil en un claquement de doigts… Me voici, prête à dire ce que vous voulez, tant que l’on peut rêver. Me voici, prête à m’envoler pour vous si c’est ce que vous souhaitez, prête à danser sous le soleil, ou sur une plage aller simplement me reposer… Me voici, me voilà.

            Me voici, honnête, têtue et menteuse à la fois… Dur, dur, de savoir où s’arrêtera ma rêverie… Mon plus grand rêve serait d’être publiée. Je rêve de voir, un jour, dans les rayons confinés d’une petite librairie, un ouvrage portant mon nom être pris doucement par un(e) inconnu(e), ouvert un instant, une étincelle de curiosité au bout des doigts, puis emporté vers le lointain. Je rêve qu’un jour, mes mots touchent quelqu’un, comme les mots des autres ont pu me toucher… Je rêve d’être moins seule à travers les maux qui me traversent, et que quelqu’un se sente moins seul à travers les mots que je donne. Chaque fois que j’essaie de l’expliquer, je me sens un peu stupide, mais qu’importe, me voici honnête, têtue et menteuse à la fois… Je rêve d’une vie harmonieuse, dans tous les sens du terme. L’harmonie en musique, en poésie, en peinture, dans la vie, l’amour, la pluie, le désir… C’est vaste, l’harmonie, mais rien n’est trop vaste quand on a un petit cœur de plumes. Oh, me voici, honnête, aujourd’hui.

            Me voici, nue. Nue comme si mes habits d’hier avaient devant vous disparus. Nue comme si mes plumes d’oiseau bleu s’étaient envolées sans moi. Nue comme si je venais de naître ici. Me voici, offerte à vos yeux surpris. Nue. Comme si je vous disais que j’ai toujours eu peur d’être abandonnée. Laissée dans un coin. Tellement peur que je préfère m’abandonner moi-même, pour ne jamais être vexée. Nue. Comme si je vous disais que j’ai peur de rester seule toute ma vie. Comme le cliché de la vieille dame avec plein de chats. Tellement peur que je ne sais plus si j’essaie quoi que ce soit. Me voici nue, avec mes peurs et mes regrets. Nue. En vous disant que je regrette de me sentir jalouse de temps en temps, des gens qui savent briller sans lumière, et de ceux qui la volent sans craindre la guerre. Tellement nue. En vous disant que j’aimerais savoir m’aimer, toute entière, mais que je regrette simplement de ne pas savoir comment faire. Me voici nue, avec mes regrets et mes peurs, qui sont encore trop nombreux pour continuer… Me voici.

            Je m’appelle Marion, j’ai 22 ans. Un petit sourire tordu, des yeux bleus avec du noir dessus. Je suis encore dans mes habits d’hier, et ce soir, je dormirai nue.

Publié dans Vie, Divers, Poésie

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Qu'une enfant.

Publié le par Gabonia Maria Madeus

 

 

Je voulais tracer sur tes joues de jolies arabesques de poussière, ne jamais grandir.

Je ne suis encore qu’une enfant, une toute petite miette de peau sur les coussins terreux de l’univers. Il me semble qu’hier encore j’ouvrais pour la première fois mes petits yeux bleus et découvrais sans comprendre le monde qui m’entourait. Toute petite, recroquevillée sur mes deux pieds, je me cachais au creux des arbres pour regarder la vie passer… Mais il me semble bien qu’avec le temps, la peur que le train passe sans que je sois dedans m’a poussée hors des arbres. Pieds nus sur l’herbe fraîchement coupée, deux lucioles à la place des yeux, assoiffée de tout, assoiffée de rien… Le temps est bien différent, lorsqu’on n’est qu’une enfant… On regarde les grands, on les observe, on attend seulement. On attend d’être à leur place, d’être eux, sans savoir quoi dire quand on nous dit de grandir. Je ne suis qu’une enfant, une simple poussière dans les reflets clairs des rayons de soleil touchant la terre.

Je voulais tracer, lentement, sur tes joues un soleil d’abricot, ne jamais grandir.

Je ne suis encore qu’une enfant, une petite étoile perdue dans la voie lactée qui ne cherche pas à se retrouver. Je vois mes petits petons gigoter dans le sable, piégés tout au bout de moi, contre le sol tantôt rugueux, tantôt froid.  J’ai les yeux remplis de soleil, brillants comme un premier jour de printemps, étincelants comme la première étoile de tous les temps. J’ai les yeux comme un océan dans lequel personne ne se serait jamais encore baigné. Purs, sincères. Toute gamine encore, pas bien grande, j’allais courir sur le bitume défoncé, et chanter pour les oiseaux comme dans les dessins animés. Et puis le temps rattrape les enfants, donnent quelques rides à leurs cœurs… J’ai voulu courir, j’ai voulu rire pour contrer ce désenchantement, pour rester simplement l’enfant que j’étais.  Et puis je me retrouve dans ces gares, à l’orée du jour, à cherche le chemin. Les cheveux volants dans le vent, les joues rouges comme des cerises mûres, intriguée de tout, intriguée pour rien… Tout est si différent, quand on n’est qu’une enfant… On observe les passants, on regarde gentiment, et on attend. On attend le temps qui passe, qui un jour nous prend. On attend d’être grand... Pour aller un petit matin emprunter un chemin duquel personne ne revient. On attend simplement… Que nos étoiles d’yeux deviennent juste pupilles, comme deux billes au fond d’un bocal. On attend, sans savoir où partirons les étincelles dans nos yeux, et nos rires malicieux. Je ne suis qu’une enfant, une toute petite perle de miel, tombant de la ruche du ciel.

Je voulais tracer, seulement, sur tes joues un abîme de sourire, ne jamais grandir.

Mais le temps venu m’a confiée quelques traits de plus, et mes yeux ternis ne se rappellent plus… Un jour pourtant tu étais là, gamin comme moi, allongé sous les ombrages des ormes, des rêves dans les yeux et les yeux dans l’oubli, les joues sucrées de vie, en attendant seulement que passe le temps.

Publié dans Poésie, Divers, Nouvelles, Vie

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Seuls.

Publié le par Gabonia Maria Madeus

 

Entre deux bouquins de poussière, aux pages usées, installés sur une étagère de travers et portant les mots des autres. Entre deux gouttes de pluie, tombée en plein orage sur le bitume gris et froid. Entre deux voitures au passage piéton, devant les bandes blanches tachées par la vie urbaine. Entre deux larmes échappées, à la tristesse passagère, au petit goût salé. Dans le regard des autres. Dans le miroir. Entre deux obscurités, paisiblement installées tout près du petit jour. Entre deux fourchettes, pointées dans la même direction, posées négligemment sur une table face au soleil couchant. Entre deux rayons de soleil, donnant naissance aux arcs-en-ciel à travers l’averse. Entre deux touches d’un piano désaccordé, ostensiblement laissé libre et vagabond. Entre deux sourires, comme deux bijoux précieux et adorés, deux perles de soleil dessinées sur la peau. Entre deux brins d’herbes, en pleine nature, dans les plaines vertes et paisibles de la campagne dorée, en attendant la fin de l’été. Dans le regard des autres. Dans le miroir. Entre deux pages d’un vieux livre de légende, ayant traversé le temps jusqu’aux mains des enfants. Entre deux mélodies, douces et jolies. Entre deux chemins, au creux des arbres de la forêts en entendant au loin la rivière s’écouler lentement. Entre deux coups de pinceaux bien posés, déposant la peinture sur la toile immaculée jusqu’à présent. Entre deux mains tendues, aux petits doigts allongés, ongles rongés ou manucurés. Entre deux bouchées, au petit restaurant du coin, en attendant le pain. Entre deux regards dérobés, cachés, dissimulés, aux « pourvu que personne n’ait remarqué ». Entre deux marches, à la hauteur surprenante et déconcertante. Dans le regard des autres. Dans le miroir.

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Je veux dire à l'aurore.

Publié le par Gabonia Maria Madeus

 
 
Pour un petit brin de soleil, déposé comme un murmure sur ma peau, et l’odeur exquise de l’herbe fraîchement coupée.
Pour un petit moment de vide, perdue entre ciel et terre, quand l’orage au loin s’éteint.
Pour une seule larme de printemps, traçant son chemin.
Je veux dire à l’aurore de rester dorer un instant à l’orée du jour.
D’attendre encore.
 
Pour le goût salé des promenades en bord de mer, et la sensation du sable s’insinuant entre mes doigts de pied.
Pour l’arc-en-ciel, divaguant dans les nuages, et la lumière qui le suit et l’efface.
Pour le chant des oiseaux, naviguant entre les arbres.
Je veux dire à l’aurore de rester dorer encore à l’orée du jour.
D’attendre un instant.
 
Qu’un moment soit figé le ciel, comme l’eau qui gèle se fige.
Que l’écho de l’orage ne s’éteigne jamais sous le soleil.
Que la nuit s’enlève.
Que le temps s’arrache à nous.
 
Que l’aurore soit toujours belle, comme éternelle, cachée au coin du jour.
Pour nous offrir nos plus doux souvenirs.
Je veux lui dire de dorer encore à l’orée du jour, l’aurore, de dormir encore.

 

Publié dans Poésie, Vie, Divers

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Entretemps : Les belles personnes.

Publié le par Gabonia Maria Madeus

          Je les vois. Ils ne sont pas beaucoup, mais j’en vois partout. Les gens beaux. Les belles personnes. Les véritables belles personnes. Celles qui guettent une larme de silence aux coins de tes yeux… Et qui restent te tenir la main quand tu ne penses pas en avoir besoin. Elles marchent sur l’eau, comme si tous les secrets de l’univers tenaient au creux de leurs mains. Elles ont, semble-t-il, le goût sucré de la vie, la douce mélodie des moments de nostalgie sans pour autant l’amertume, tristesse déguisée des jours de pluie. Et toi, tu es là, tout petit, coincé dans ta propre peau, et tu attends. Tu attends, sagement, ou seulement apeuré. Tu restes, tu attends, comme si le temps s’était figé au fond de ta poche. Tu n’es qu’un simple passant, mais tes pieds ne bougent plus, non, tu ne passes plus… Tu penses à ces gens, ces belles personnes qui vont éveiller la ville, comme on dérange la nuit, au moment venu. Tu penses au reflet de la lune au fond de l’étang, le chant du matin quand le petit jour nous revient… Et tu les observes, de ton petit coin de terre caché, de ta petite rue solitaire. Ces belles personnes qui déposent doucement dans le cœur des gens la douceur qu’ils cherchaient depuis tant et tant d’années, qui trouvent en chacun une petite étoile à faire scintiller quand bien même tout espoir avait été abandonné. Moi aussi je suis cachée. Je les vois, être belles, être simplement elles sans comprendre. Je sais que tu attends ton tour. Tu attends. Qu’elles viennent te tendre la main, juste un court instant, juste le temps que la lumière revienne, juste le temps que s’envole la peine… Aux immenses colères, pardi !, se déroberont enfin les doux matins de paradis… Et ta vie, ta toute petite vie sera plus simple, alors… Alors… Tu attends. Que vienne enfin la douceur. Que viennent les étoiles qui scintillent dans les plus sombres moments.

          Et crois-tu, qu’une fois sauvés, nous irons, nous aussi, trouver aux coins des rues, quelques passants la main tendue pour chercher dans leurs yeux quelques étoiles perdues, chantant les jours heureux en attendant, qu’enfin quelqu’un attrape leur main et dépose sur leur chemin quelques perles de douceur pour faire battre leurs coeurs ?

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